TREIZE MAI, SAINT SERVAIS
grès ; mais ce qui est prouvé surabondamment, c’est qu’il était d’une admirable sainteté, d’une austérité et d’une abstinence extraordinaires à ce point qu’il passait souvent plusieurs jours sans manger vivant seulement du corps de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il fut mêlé à toutes les affaires importantes de l’église, et ne cessa de combattre l’arianisme avec la plus grande vigueur, dans les conciles de Cologne, de Sardique et de Rimini. Cette horreur commune de l’hérésie établit entre lui et saint Athanase les relations les plus intimes de dévouement et d’amitié. Pendant qu’il veillait avec un grand soin sur son troupeau, qu’il instruisait par ses saintes et continuelles prédications, comme le dit Ribadaneiia, il connut, pai une révélation divine, que les Huns devaient bientôt faiie une descente dans les Gaules, et que Tongres serait entièrement ravagé. Saint Servais , profondément affligé, se mit à jeûner et à prier, espérant obtenir la grâce de sa ville épiscopale ; mais, voyant qu’il ne pouvait rien obtenir, il prit le parti d’aller à Rome pour implorer l’intercession des saints apôtres à leur tombeau même ; en passant par Metz, il prévint l’évêque de cette ville, saint Auteur, que son paysne devait pas être épargné par les Huns. Celui-ci, trop vieux pour l’accompagner, recommanda son église à ses prières. A peine arrivé, Servais passa plusieurs jours et plusieurs nuits en oraison devant le sépulcre des saints apôtres. Saint Pierre lui apparut, et, après lui avoir donné une clef d’argent , lui annonça que l’arrêt était irrévocable pour Tongres, mais que saint Etienne avait obtenu de la miséricorde de Dieu la conservation de Metz ; qu’il devait se hâter de repartir pour Tongres, puis aller s’établir à Maëstricht, qui serait épargnée, et, qu’enfin là, il ne tarderait pas à être retiré du monde, avant que les Huns ne pénétrassent en Gaule. En revenant de Rome, il tomba entre les mains de ces barbares, qui avaient déjà envahi une partie de l’Ilalie. Ils le renfermèrent d’abord dans un cachot, qui, au milieu de la nuit, devint tout lumineux. Une autre fois, lui ayant laissé un peu plus de liberté, ils virent, avec admiration, un aigle d’une très grande dimension se percher auprès de Servais, endormi au milieu d’un champ, et, d’une de ses ailes, le couvrir contre l’ardeur du soleil, et se servir de l’autre comme d’un éventail pour le rafraîchir. Ces merveilles amenèrent la conversion d’un certain nombre de barbares qui lui rendirent sa liberté. A son retour à Tongres, les choses se passèrent comme les avait annoncées saint Pierre. Servais , ayant emporté avec lui les reliques de Saints qui se trouvaient dans son église, vint à Maëstricht, où il mourut bientôt après avoir fait préparer sa sépulture. Dans l’année de sa mort, les Huns ravagèrent Tongres de fond en comble, et épargnèrent toujours Maëstricht. Saint Grégoire de Tours raconte que, pendant l’hiver, il ne tombait jamais de neige sur son tombeau, bien qu’il y en eut quelquefois une grande quantité suites terrains environnants.
L’origine de l’invocation contre les maux de jambes, les rhumatismes et en faveur des estropiés , vient de plusieurs guérisons de paralysie, signalées par les Bollandistes, et surtout du miracle suivant raconté également par eux : un boiteux , parent de quelques habitants d’Utrecht, était venu dans cette ville. Comme il restait souvent pour prier dans l’église, après les heures du chapitre, les gardiens, le prenant pour un hypocrite, le chassèrent honteusement du sanctuaire. Lui, supportant