SAINT FORT, PREMIER ÉVÊQUE DE RORDEAUX
Invoqué pour fortifier les Enfants.
On ne possède aucun document sur saint Fort. Aussi lui a-t-on contesté jusqu’à son nom. D’après la tradition, ce saint martyr, aussi populaire chez les Latins que chez les Grecs et très populaire dans plusieurs paroisses du diocèse de Bordeaux, aurait été décapité avec deux enfants, après avoir été tourmenté cruellement. Il est presque toujours représenté attaché à un chevalet ou tenant un peigne de fer. On pense qu’il fut institué évêque par saint Martial et qu’il fut le premier évêque de Bordeaux. Quel qu’ait été son nom primitif, il aurait conservé dans la suite le nom de Fort, c’est-à-dire martyr premier, le martyr par excellence de la contrée. La crypte de saint Seurin, à Bordeaux, garde son tombeau, l’église supérieure sa châsse ; le tombeau et la châsse se partagent son corps. A ce corps vénérable, tient P Authentique sur parchemin du cardinal de Sourdis, Authentique qui a été confirmée par ses successeurs, à Bordeaux. Sa mémoire se renouvelle tous les ans par des offices publics le 16 mai.
Autrefois les fonctionnaires publics juraient sur les reliques de saint Fort que « bien et loyalement ils se porteraient en leur office et exercice d’icelui. » Montesquieu a vu plusieurs fois pratiquer cette cérémonie, et Montaigue, en sa qualité de maire de Bordeaux, a prêté serment sur le bras de saint Fort, et ni l’un ni l’autre n’ont jamais protesté. Un grand nombre d’églises est dédié à saint Fort dans ie Bordelais, le Poitou, la Saintonge et jusque dans le Quercy et l’Anjou. D’autres ont une chapelle ou un autel. Dans quelques-unes, on solennise sa fête ; dans beaucoup d’entre elles, le 16 mai est marqué par un concours d’ Enfants que l’on apporte à la messe et aux évangiles. La célébrité de ce nom et de ce personnage se retrouve jusque dans les foires (1) nombreuses, dites de saint Fort , qui se tiennent non seulement à Bordeaux, mais dans une foule de lieux éloignés les uns des autres.
Le nom de saint Fort ne saurait donc être un mythe, comme quelquesuns l’ont prétendu. Maintenant en revenant à l’origine de l’invocation
(D 11 ne faut pas oublier que les anciennes foires ont toutes une origine ecclésiastique. En effet, le mot Foire ne vient pas de Forum, marché ; mais bien de Feria, fêle, conservé plus intégralement dans le vieux français Feyre. Les marchands étaient attirés à ces fêles par l’espérance d un débit facile, et les fêles de 1 Eglise devenaient bientôt les fêtes du commerce (Notv de l'Abbé Cirot de la Ville).