DIX-NEUF MAI, SAINT PIERRE CÉLESTIN
bien également de tous les instruments de musique. Ces talents de Dunstan expliquent naturellement les divers patronages qui lui sont attribués. Les forgerons et les serruriers , qui forgent le fer, se sont mis à la suite des orfèvres , qui forgent des métaux plus précieux. Sur la recommandation de son oncle Athelme, archevêque de Cantorberry, il fut appelé à la cour d’Angleterre, et obligé de s’y rendre ; mais l’envie ne tarda pas à l’en chasser. Un jour qu’il avait accroché sa harpe à la muraille, elle fit entendre le chant de cette Antienne des Saints Martyrs : Gaudent in cœlis animæ sanctorum (1). L’assistance en fut fort surprise, et comme on l’accusait de magie devant le roi, il prit le parti de s’éloigner, et il embrassa la vie monastique. Elphège, évêque de Manchester, son parent, lui conféra les ordres sacrés, et l’éleva au sacerdoce. Un jour qu’il fabriquait dans sa cellule quelques pièces d’orfèvrerie, le diable se présenta à lui sous la figure d’une femme, qui lui faisait des commandes d’objets précieux. Le Saint comprit à qui il avait affaire, et, prenant des tenailles ardentes qui étaient sur sa forge, il saisit cette soi-disant femme par le nez et la fit crier, avant de lui rendre sa liberté. Le diable disparut et ne fut plus tenté d’y revenir. Toute la vie de Dunstan se passa alternativement soit à la cour des différents rois qui se succédèrent, soit en exil, où l’envie des courtisans finissait par le reléguer. Edgard, le dernier , appréciant le mérite et les grandeurs du Saint, voulut absolument le faire élire archevêque de Cantorberry et primat d’Angleterre. Dunstan trouva ce diocèse dans un grand dérèglement, surtout parmi le clergé. Il lui fallut une vigilance extraordinaire et un zèle infatigable uni à une merveilleuse fermeté ; néanmoins, il parvint à le réformer. Outre le don des miracles, il eut encore celui des prophéties. Quand il fut arrivé au terme de sa course, le jour de l’Ascension, une grande multitude d’hommes vêtus de blanc lui apparut. Ils portaient tous des couronnes d’or sur leur tête, et ils lui dirent, de la part du fils de Dieu, de se tenir prêt, le samedi suivant, pour aller chanter avec eux : Saint, saint, saint , éternellement au ciel. Il sortit donc de cette vie mortelle, comine il lui avait été révélé, le 19 mai 988, à l’âge de 70 ans, et après 33 ans d’épiscopat.
(Ribadaneira. — Martyrologe de 1691.)