‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 549 sur 734 · BIENHEUREUSE RITE DE CASCIÀ, VEUVE · texte numérisé non relu

BIENHEUREUSE RITE DE CASCIÀ, VEUVE

Invoquée contre la petite Vérole, l’Impossible. — Patronne des Charcutiers.

Rite, née près de Gascia en Ombrie, dès ses plus tendres années, était déjà ornée de toutes les vertus. Pour obéir à son père, elle épousa un homme de caractère et de mœurs féroces ; mais, par sa douceur, elle triompha de sa dureté et vécut en bonne intelligence avec lui pendant vingt-deux ans. Au bout de ce temps, son mari fut assassiné par un de ses ennemis et laissa deux fils qui n’aspiraient qu’à le venger. Pour qu’ils ne puissent pas accomplir leur vengeance, Rite pria Dieu de les appeler à lui le plus tôt possible, ce qui s’accomplit effectivement. Après leur mort, elle demanda l’habit aux religieuses de Saint-Augustin qui refusèrent de l’admettre, invoquant leur règle, qui ne leur permettait de recevoir que des vierges. Pendant une nuit, avertie par saint Jean-Baptiste et accompagnée par saint Augustin et saint Nicolas de Tolentino, à travers les âpres sentiers de la montagne, elle fut introduite miraculeusement dans le couvent, et les religieuses vivement impressionnées, s’empressèrent de l’accueillir. Là, après avoir distribué tout son patrimoine aux pauvres, elle menait la vie la plus austère, mortifiant son corps par les jeûnes et par la discipline et retrempant son âme dans l’Oraison. Un jour, elle priait avec ferveur devant un crucifix quand une épine de la couronne, volant sur son front, lui fit une blessure incurable qu’elle garda jusqu’à sa mort. Outre la douleur atroce qu’elle en ressentit, il en sortait continuellement un pus d’une odeur fétide et même des vers ; ce qui l’obligeait pour ne pas incommoder ses compagnes à se retirer dans un lieu solitaire où elle conversait avec Dieu. C’est là certainement l’origine de l’invocation contre la petite vérole. Jusqu’à la fin de sa vie, elle fit éclater autour d’elle des miracles extraordinaires. C’est pour cela qu’en Espagne on l’a surnommée : Abogada de imposibles. Avocate contre les choses impossibles. Les Bollandistes en citent un grand nombre. Nous n’en mentionnerons qu’un seul : une de ses parentes qu’elle aimait beaucoup, étant venue la voir pendant qu’elle était malade, lui demanda si elle ne désirerait pas quelque chose de son ancienne maison qu elle-même avait conservée, a Je voudrais, dit Rite, une rose de mon petit jardin. »

On était alors au mois de janvier, aussi sa parente crut qu’elle avait le délire et la quitta •en souriant ; mais, à son retour, comme elle se pro-

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