VINGT-SIX MAI
SAINT GOND (j) GON (GODO) ABBÉ OU ANACHORÈTE
Vil* SIÈCLE. — 690.
Patron des Gantiers et des Mégissiers. — Invoqué contre la peste.
Hond appartenait à une famille de Verdun (Meuse), aussi distinguée par sa grande noblesse que par ses grandes vertus. Sa mère était sœur du saint abbé Vandrille qui, pour fuir les honneurs de la cour du roi Dagobert, embrassa les austérités de la vie religieuse au Monastère de Saint-Romain, sur le mont Jura. Gond passa plusieurs années avec son oncle dans ce monastère ; puis ils s’établirent à vingt kilomètres de Rouen, dans la Seine-Inférieure et y fondèrent le couvent de Fontenelle, qui fut bientôt habité par trois cents religieux. Gond , à son retour de Rome, où il avait été demander des reliques au pape Vitalien , voyant que la communauté augmentait sans cesse et que le monastère suffisait à peine à contenir ses religieux, sur l’avis de son oncle, partit pour établir ailleurs une colonie de serviteurs de Dieu; il s’arrêta dans le val d’Oye (Augia) à deux lieues de Sézaune, en Brie, et y fonda, les uns disent un ermitage et les autres une petite communauté. Quoiqu’il en soit, quelque temps après son arrivée dans le pays, une peste horrible éclata tout à coup. Gond se multiplia pour combattre Y épidémie, entrant dans les maisons des pestiférés , leur prodiguant les consolations de la religion et le soulagement de leur misère. Grâce à ses prières, la colère de Dieu s’apaisa et le fléau avec elle.
Saint Gond rendit son âme à Dieu à la fin du VIIe siècle ; or, il arriva que deux cents ans plus tard une épidémie nouvelle vint à sévir de nouveau. Les habitants ayant souvenance des mérites du saint, se mirent en prières, firent porter sa chasse en procession et la peste cessa totalement dans la contrée. En 1632, une autre peste vint se joindre aux malheurs de la guerre, qui enleva le tiers de la population à Langres et aux environs. En souvenir des bienfaits obtenus dans cette circonstance par l’intercession du Saint, chaque année à Langres, le 26 mai, on fait une procession solennelle dans les rues de la ville en l’honneur de saint Gond, dont on célèbre la fête dans tout le diocèse, bien que, disent les Petits Bollandistes, il ne lui appartienne ni par sa naissance, ni par aucune circonstance de sa vie. L’abbé Darras, dans sa Vie populaire de saint Gond, ajoute que de nos jours, les habitants de la vallée d’Oye ont attribué, à l’intercession du bienheureux saint, la faveur d’avoir été épargnés par le choléra qui fit tant de ravages dans notre patrie. Saint Gond est souvent représenté un gant à la main. Le patronage des Gan-
(1) Gaon, Gan ou Godon.