‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 61 sur 734 · QUATORZE JANVIER, SAINT FÉLIX · texte numérisé non relu

QUATORZE JANVIER, SAINT FÉLIX

fausses déclarations des ennemis de Félix (1), s’emparèrent de lui et le jetèrent dans un cachot n’ayant pour lit que des fragments de pots cassés. Mais la nuit suivante, il fut délivré par un ange qui, après avoir brisé ses fers, le conduisit par la main sur la montagne où Maxime s’était retiré. Félix le trouva couché à terre, transi de froid, exténué par la faim et presque mort. Alors, le serrant dans ses bras, il s’efforça de le réchauffer mais en vain : voyant bien que Dieu seul pourrait lui venir en aide dans une semblable extrémité, il lui adressa une prière fervente et à l’instant, par un effet de la divine Providence, il aperçut un raisin accroché à une haie et après en avoir fait couler le jus dans la bouche du vieillard, il eut la satisfaction de le voir revenir peu à peu à son état ordinaire. Ils résolurent bientôt de retourner au milieu des fidèles de Noie, et, comme Maxime était encore trop faible pour marcher, Félix le portant sur ses épaules, le déposa dans son palais épiscopal ; mais poursuivi lui-même de nouveau, il se retira rapidement dans le coin d’une vieille masure : là, par une volonté surnaturelle, des araignées tissèrent une toile si épaisse que les agents qui le cherchaient, ne pensèrent pas un seul instant qu’il pût y être caché. « Ce qui nous apprend, « dit saint Paulin, que, quand Dieu est avec nous, les toiles d’araignées « nous servent de fortes murailles ; et que, quand il nous manque, les « murs les plus épais ne servent pas plus à nous défendre que les toiles « d’araignées. » Pendant six mois, il fut obligé de vivre au milieu de vieilles maisons abattues, privé de toute espèce de ressources et de tout commerce des hommes. Une bonne femme, par un mouvement providentiel et sans savoir ce qu’elle faisait, apportait chaque jour au même endroit la nourriture qui lui était nécessaire ; il trouvait également chaque nuit de l’eau pour tempérer sa soif ; mais par-dessus tout il était consolé par la visite des Anges et du Roi des Anges.

Quand les six mois furent écoulés, Félix revint à Noie et dans le même temps l’évêque Maxime mourut de vieillesse. Tous les fidèles voulaient nommer Félix à sa place ; mais son humilité l’empêcha d’accepter, et il fit tomber leur choix sur un vieillard nommé Quintus qui avait été fait prêtre sept jours avant lui.

Quand la paix fut donnée à l’Eglise, Félix , par amour pour la pauvreté, ne voulut pas même qu’on lui restituât ses biens dont il avait été dépouillé pendant la persécution et il rendit son âme à Dieu le quatorze janvier, vers l’an 312.

Après sa mort, une infinité de merveilles se produisirent à son tombeau ; une entr’autres, a rapport à l’invocation contre les parjures et contre les faux témoignages. Ceux qui étaient accusés d’un crime dont ils se disaient innocents, étaient menés au tombeau de saint Félix, près de Noie, où ils juraient qu’ils n’étaient pas coupables. S’ils juraient à faux, ils étaient infailliblement punis par un châtiment exemplaire. C’est ainsi que pour faire cesser dans son diocèse le scandale d’un prêtre d Hippone, nommé Boniface, accusé d’un crime énorme par le moine Spès, saint Augustin ordonna que l’accusateur et l’accusé seraient tous les deux renvoyés devant le tombeau de saint Félix, à Noie.

L invocation pour les animaux domestiques repose sur le miracle suivant : Un pauvre homme avait deux bœufs pour faire son labourage et

(1) D’après H. Aft.

i'o QUATORZE JANVIER, SAINTE NOMADIE.

ne possédait pas autre chose que le produit du travail qu’il pouvait faire avec leur aide. Un voleur était parvenu à s’en emparer. Désespéré, le pauvre cultivateur se rend en pleurant au tombeau du Bienheureux Félix , et le prie avec larmes et gémissements de les lui rendre. Quelle ne fut pas sa joie en sortant de l’église de les retrouver devant la porte ! Dans la vie de notre saint écrite en vers par saint Paulin de Noie, on trouve ce passage relatif à cette même invocation :

) ...Non seulement les habitants des campagnes vont visiter le tombeau du Saint en portant leurs enfants sur leur sein paternel ; mais encore on les voit souvent introduire avec eux comme par la main leurs troupeaux malades et les recommander volontiers à un saint aussi renommé, et bientôt confiants dans le remède accordé à leurs vœux, ils se réjouissent d’avoir imploré Dieu et croient leurs troupeaux déjà guéris : et en effet le plus souvent en peu de temps, ils sont guéris sur le seuil môme de la chapelle, et leurs maîtres les ramènent en bon état dans leur étable.

Théophile Raynaud rapporte dans son Hagiologium Lugdunense, d’après Ambroise de Noie, que du tombeau de saint Félix coule une liqueur très utile pour la guérison des yeux. Elle tombe goutte à goutte, surtout quand l’hiver est rigoureux et comme on le raconte dans l'Histoire de la Société de Jésus , elle est un présage de fertilité, lorsque ces gouttes tombent en abondance. Quand, au contraire, les gouttes tombent en petit nombre, c’est un signe de stérilité, comme l’expérience plusieurs fois répétée l’a montré.

(Saint Paulin. — Ribadaneira. — « La mère de Blemur. — Les Bollandistes. — Théophile Raynaud. — Les Petits Bollandistes ).

SAINTE NOMADIE (NÉOMADIA) (*), VIERGE

VIe SIÈCLE.

Invoquée contre l’Epilepsie, la Peur, pour les Animaux domestiques.

Patronne des Bergères.

Sainte Nomadie est très populaire dans le Poitou. D’après l’abbé Auber, « née d’une famille qui conserva longtemps l’illustration de son « nom dans le Poitou, où il ne semble éteint que depuis deux cents ans, « elle paraît l’avoir honorée par une rare piété dès le commencement « du Ve siècle. Tout porte à croire qu’elle naquit à Baussay, petite loca- « lité delà paroisse de Monterre-Silly, dans le Loudunais, car sa famille « en posséda la seigneurie, jusqu’à ce qu’elle se fût confondue dans la « maison de Roche-Chouard. » On ne sait presque rien de sainte Nomadie, si ce n’est que la vénération des peuples pour les vertus de la sainte, s’est propagée jusqu’à nos jours et qu’aujourd’hui dans le Poitou on Vinvoque encore contre l’ épilepsie et contre la peur, pour les animaux domestiques, et les Bergères la prennent pour Patronne, mais en l’absence de toute espèce d’actes relatifs à sa vie, il est impossible de songer à expliquer ni ces invocations, ni ce patronage.

Videas eiiam de rure colonos

Non solum gremio sua pignora ferre paterno ; Sedpecora cegra manusœpe iniroducere secum Et Sanclo quasi conspicuo mandare licenter , Moxque datam sua confises ad vota medelam Experlu gaudere Deo et jam credere sana.

El vereplerumque brevi, sanata sub ipso Limine, lœta suis jumenta reducere teclis.

(1) Alias : Néomaie, Néormoise, Nèormoie.

QUATORZE JANVIER, SAINT ENGELMAR. o\)

Connue dans le peuple sous le nom de Nèomaie, elle l’a communiqué à une église paroissiale du diocèse de Poitiers, à quelque distance de

Saint- Maixeut. .

Une autre sainte du même nom est signalée par M. Dupré, bibliothécaire de la ville de Blois et citée dans la Grande vie des saints , de Plancy : C’était une Bergère d’une grande beauté qui demeurait à Sambier à quatre lieues sud de Blois. Pour se soustraire aux importunités de tous ceux qui aspiraient à sa main, elle demanda à Dieu de l’affliger dans son corps, et effectivement un de ses pieds devint tout difforme ; ce qui la délivra de toutes les obsessions dont elle était accablée.

Un jour, comme ses troupeaux souffraient de la soif, elle fit jaillir une source abondante qui porte le nom de sainte Néomaise à une demi-lieue du bourg de Sambier. D’après la tradition, on ne l’a jamais vue se tarir ou se troubler.

Cette sainte est restée jusqu’ici en vénération à Sambier et aux environs. Dans l’église paroissiale elle est représentée avec son pied déformé, et les bergères du pays font célébrer chaque année en son honneur une messe votive afin d’obtenir sa protection pour eux et pour leurs troupeaux.

(Du Saussay. — de Peyronnet. — Grande vie des saints de Plancy. — Saints de V église de Poitiers , l’abbé Aubert).

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