‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 614 sur 734 · SAINT MORAND, PRIEUR D’ALTKIRGH · texte numérisé non relu

SAINT MORAND, PRIEUR D’ALTKIRGH

Patron, des vignerons. Invoqué contre les possessions et obsessions

diaboliques.

Morand, moine de Gluny, avait été envoyé par Hugues, son abbé, pour desservir l’église d’Altkirch, conformément à la demande qui lui avait été faite par Frédéric, comte de Fervette ; il fut bientôt désigné pour être le prieur du monastère qui se composait d’autres religieux de Cluny, envoyés antérieurement dans le même but. Ses exhortations jointes aux bons exemples qu’il donnait à toute la contrée, firent les plus vives impressions sur l’esprit du peuple. Il ramena au devoir de la, religion un grand nombre de chrétiens qui s’en étaient éloignés depuis longtemps. Le Seigneur lui accorda le don des miracles et sa réputation s’étendit en peu de temps, par tout le Sundgau.

Morand parvint à un âge très avancé et reçut le prix de ses travaux vers le milieu du XIIe siècle, le 3 juin. Après sa mort, son tombeau devint célèbre par de nombreux miracles qui s’y opérèrent, ce qui engagea l’évêque de Bâle à demander sa canonisation. A. du Saussaye (1) le cite comme étant invoqué particulièrement contre les obsessions et les possessions diaboliques, ce qui concorde avec plusieurs délivrances opérées par l’intercession du saint et mentionnées par les Bollandistes (2). Depuis un temps immémorial les vignerons du Sundgau le vénèrent comme leur patron, aussi le voit-on représenté dans plusieurs sanctuaires ayant à ses pieds un grand tonneau de vin , dans lequel il exprime le jus d’un raisin.

Gomme il n’existe aucun document explicatif de cette façon de représenter saint Morand, les Bollandistes présument que, se trouvant dans une grande pénurie de vin, les vignerons auront invoqué le saint et, qu’ayant été exaucés par son intercession, ils n’ont plus cessé de l’invoquer dans toutes les calamités qui menacent les vignes ; par reconnaissance, ils l’auraient fait peindre comme il est indiqué plus haut. D’après les Petits Bollandistes (3) une vieille biographie populaire prétend, pour expliquer ce patronage, que le saint passa tout un carême sans autre nourriture qu’une grappe de raisin.

( Les Bollandistes , l’abbé Hunckler, saints d’Alsace.)

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