‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 623 sur 734 · SIX JUIN, SAINT NORBERT · texte numérisé non relu

SIX JUIN, SAINT NORBERT

trois ans à la prédication, puis il vendit son patrimoine et en distribua l’argent aux pauvres. Le pape Gelase à Rome reçut de lui 1 aveu de sa vie passée, de son repentir, et lui octroya la permission de prêcher l’Evangile par tout le monde. Il commença son apostolat avec deux compagnons qui avaient absolument voulu le suivre, et tous les trois, mal vêtus, les pieds nus au milieu de l’hiver, traversèrent l’Italie et parcoururent la France, prêchant la pénitence de ville en ville et de paroisse en paroisse. Ils recrutèrent à Orléans un nouveau compagnon, et à Cambrai, Hugues, chapelain de l’archevêque, voulut également s’adjoindre à eux. L’évêque de Laon, pour retenir Norbert dans son diocèse, lui offrit plusieurs emplacements à choisir où il pourrait fonder un nouvel ordre et bâtir un monastère. Notre Saint choisit en 1 128 une solitude près de Laon qui lui avait été montrée dans une vision. Cest pour cela qu’il l’appela Pré Montré (pratum monstratum).

La sainte Vierge elle-même lui apparut et lui montra la forme et la couleur de l’habit du nouvel ordre qui devait être vêtu de blanc. Norbert adopta la règle de saint Augustin. Il fut bientôt appelé dans les Pays- Bas pour combattre un hérétique du nom de Tankelin qui niait principalement l’efficacité du sacrement de l’Eucharistie. L’imposteur s’était déjà fait beaucoup de partisans, mais Norbert étant venu à Anvers, par sa parole à la fois ferme et lumineuse, ramena promptement tous ceux qui s’étaient laissés séduire, aussi le représente-t-on ordinairement tenant un ostensoir en souvenir du sacrement adorable de nos autels qu’il avait réhabilité avec tant de succès dans cette circonstance. Etant allé à Rome pour supplier le pape de confirmer par son autorité apostolique la congrégation qu’il avait fondée, il fut averti par révélation, en sortant de cette ville, qu’il serait évêque de Magdebourg. Ce qui arriva en effet. Il fonda même plusieurs monastères de son nouvel ordre dans son diocèse et il y opéra les réformes les plus sages ; il rendit son âme à Dieu dans sa ville épiscopale, le 6 juin 1134. Il avait fait éclater un grand nombre de miracles pendant sa vie, principalement en délivrant les possédés du démon, en réconciliant les ennemis les plus acharnés et en obtenant de Dieu des punitions exemplaires contre ceux qui opposaient les plus vives résistances à la conciliation.

Le corps de saint Norbert avait été enseveli dans l’église de son ordre qu’il avait bâtie à Magdebourg ; mais cette ville étant tombée au pouvoir des luthériens, l’empereur Ferdinand II le fit transporter l’an 1627 à Prague, en Bohême, où il est en grande vénération.

Les Bollandistes, dans le récit de cette translation qui est longuement exposée, s’expriment ainsi sur l’invocation pour les accouchements heureux qui est adressée à saint Norbert (1er volume de juin, p. 894) :

Pluribus intérim comprobari potesl cxemplis Sanctissimum Cœlitem, a pijerperis cum voto invocatum, pnesentissimo auxitio succurrcre et intercessione sua periclitantium feminardm partus facilitare. Eâdem polentiâ præditi sunt sacri pulveres, qui e Diviresolulo corpore defluxerunt : hi namque, animi devotione adlnbita, introsumpti, plures in partu de vita périclitantes ipsis Libitinœ [aucibus eripuerunt.

On pourrait prouver d’ailleurs par des exemples nombreux que le bienheureux saint invoqué par les femmes enceintes, leur apporte un secours très opportun et facilite les couches de celles qui sont en danger. Les poussières sacrées qui proviennent de son corps tombé en dissolution, sont douées de la même puissance : et prises avec une très grande foi, elles ont arraché aux portes de la mort plusieurs femmes réduites aux derniers dangers par leurs couches.

Page 1