QUINZE JUIN, SAINT VITE
geait vers le monastère et, en outre, l’évêque, accompagné delà noblesse du pays, avait été invité à venir prendre place à la table des moines. Le sommelier vint déclarer à Abraham qu’il n’y avait dans la cave qu’un muids de vin au plus. Le saint étant entré en oraison, on commença à donner à boire à tous ceux qui se présentaient, et le soir il restait encore dans le tonneau autant de vin qu’il y en avait avant la fête. Abraham parvint à une grande vieillesse, et étant mort vers 460, il fut enterré dans son monastère. Les Fiévreux trouvent ordinairement leur guérison à son tombeau. Il en était déjà ainsi à lJépoque de saint Grégoire de Tours.
Jean Savaron, né à Clermont-Ferrand, président et lieutenant général en la sénéchaussée et siège présidial de sa patrie, député aux Etats- Généraux tenus à Paris en 1614, fait remarquer dans ses notes sur l’église de Saint-Cirgues, que près de l’église coulait une fontaine limpide, qui portait le nom de Fon de Saint- Abraham, et il signale une vieille superstition qui consistait à y plonger les enfants pour faire cesser les cris que quelques-uns d'entr’eux poussent continuellement. Un Bollandiste (1) lui répond qu’il ne voit pas où est la superstition, si on espère, en invoquant saint Abraham, trouver dans cette eau un remède pour une maladie douloureuse et cachée, dont les cris de ces petits êtres souffrants ne sont que l’indice. Plus bas il ajoute qu’il est arrivé à Savaron, homme d’ailleurs érudit, ce qui arrive dans ce siècle à plusieurs autres personnes qui taxent de superstition ce dont elles ignorent complètement la véritable origine.
(Du Saussaye. — J. Branche. — Bollandistes.)