‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 669 sur 734 · QUINZE JUIN, SAINT VITE · texte numérisé non relu

QUINZE JUIN, SAINT VITE

l’intercession de son fils. Loin d’en être reconnaissant, le païen endurci avait le projet de faire périr Vite ; mais son précepteur Modeste fut averti par un ange de l’emmener en Italie avec Grescence sa nourrice, et ils demeurèrent quelque temps dans une solitude, où ils furent nourris par un aigle. Les miracles du Saint ne tardèrent pas à les faire connaître dans toute la contrée. Sur ces entrefaites, le fils de Dioclétien J ut possédé du démon. Vite lui imposa les mains et le guérit. Pour lui témoigner sa reconnaissance, l’empereur voulut le faire sacrifier aux dieux , comme il refusait absolument de se conformer à cette injonction, il fut mis en prison avec Modeste et Grescence. Aussitôt une grosse barre de fer, à laquelle ils étaient liés, se brisa, et une clarté éblouissante illumina la prison. Vite fut alors précipité dans une fournaise ardente, il en sortit sans avoir été atteint par le feu. Un lion furieux fut lâché contre lui, et loin de vouloir le dévorer il se coucha aux pieds du jeune chrétien. De guerre lasse, on l’attacha sur le chevalet avec son précepteur et sa nourrice ; mais tout à coup le ciel se voila, la terre trembla au milieu des éclats du tonnerre, les temples des idoles s’écroulèrent en tuant beaucoup de païens. Dioclétien épouvanté prit la fuite. Alors un ange détacha les martyrs et les conduisit miraculeusement suites bords du fleuve Silaro, où ils rendirent leurs âmes à Dieu.

Saint Vite est invoqué principalement contre la furie de la danse, contre l’agitation nerveuse qu’on appelle la danse de saint Guy et, par suite, il est le Patron des Comédiens et des Danseurs. D’après l’Allemand Henri Alt [1), qui s’appuie sur une tradition, des jeunes filles affligées d’une grave maladie, allèrent en pèlerinage à la chapelle célèbre de saint Vite à Ulm et y dansèrent comme des folles jusqu’à tomber de faiblesse, et elles furent pendant toute l’année préservées d’un nouvel accès ; mais au mois de mai de l’année suivante, il leur fallut recommencer leur pèlerinage.

On s’adresse encore au même saint contre le sommeil prolongé. C’est évidemment parce que Vite est ordinairement représenté avec un coq à côté de lui. Le coq, comme on sait, est un réveille-matin par excellence. Henri Alt, dans le même ouvrage, raconte que jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les campagnards bohémiens, tous les ans, le jour de la fête de notre saint, lui portaient un coq en offrande dans la cathédrale de Prague. Il pense également que l’on doit chercher l’origine de cette coutume dans le culte que les vieux Slaves rendaient à leur dieu Swanto-wit. Ce Swantowit était un démon des ténèbres dont la puissance avait été brisée par le christianisme et qui, pour se venger de l’oubli de ses anciens adorateurs, suscitait contre eux les fantômes et les spectres de la nuit dont le cri matinal du coq faisait cesser la rage et la furie. Saint Wenceslas, roi de Bohême, avait apporté d’Italie une relique de saint Vite, et comme son nom avait quelque ressemblance avec celui du dieu Swantowit, le peuple vit en ce saint le bon ange' qui les délivrait de la puissance du diable, et il offrit un coq en sacrifice comme signe qu’il n’avait plus besoin maintenant du cri du coq pour être en sûreté contre les fantômes et les spectres de la nuit.

A Saint-Vile ai Monti , à Rome (21, où l’on expose le bras du Saint le

(1) Die heiligenbilder Berlin, 1845.

(2) Année liturgique « Hume. Abbé X. Pardieu de Montaih.t.

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