‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 672 sur 734 · QUINZE JUIN, SAINTE GERMAINE COUSIN · texte numérisé non relu

QUINZE JUIN, SAINTE GERMAINE COUSIN

Notre Saint, néanmoins, voulant absolument mettre une barrière entre lui et le monde, se réfugia dans une forât épaisse, à quarante-et-un kilomètres de Limoges, et très près d’Eymoutiers, ville bâtie depuis dans un vallon sauvage. « Il avait l’esprit tellement attaché à l'oraison, dit « Collin, page cent quatre-vingt-neuf, qu’il passait les journées et les nuits « entières à réciter les psaumes du prophète royal. On dit même qu’on lui « donna le nom de Psalmodius à cause de ces hymnes sacrées qu’il avait « à toute heure à la bouche aussi bien que dans le cœur ».

La réputation de sa sainteté et de ses miracles le suivit jusque dans cette solitude, où on en vint réclamer de nouveaux : On conduisit dans sa cellule la fille du duc d’Aquitaine qui avait été cruellement mordue par un serpent ; elle fut immédiatement guérie par l’eau que Psalmode avait bénie. Par l’intercession du Saint, une jeune fille, possédée du démon, fut à l’instant affranchie de cette cruelle possession.

Une pauvre femme allait expirer au milieu des douleurs de l’enfantement, quand sa sœur eut recours pour elle aux prières de Psalmode. Les douleurs cessèrent presqu’ immédiatement et l’accouchement s’acheva heureusement. C’est là l’origine de l’invocation signalée plus haut.

Nous ne saurions passer sous silence un dernier miracle de ce bon serviteur de Dieu. Un loup avait tué l’âne qui portait la provision de bois du saint. En punition de son méfait, Psalmode obligea le loup à aller au bois et à prendre sur son dos la charge que l’âne avait l’habitude de porter.

D’après le chanoine Collin, le saint était particulièrement invoqué contre les vers, les coliques et les douleurs d’estomac des enfants. On lui demandait également son assistance dans les affections dartreuses, appelées alors feu sacré.

Après avoir rendu son âme à Dieu dans une admirable sainteté, Psalmode fut enterré là où s’élève aujourd’hui l’église d’Eymoutiers (Haute- Vienne), qui est celle de l’ancienne abbaye.

[Le chanoine Collin d’après une vieille légende latine et les plus anciens bréviaires de Limoges. — Du Saussaye, in suppl. quatorze juin. — Propre du diocèse de Limoges, imprimé en 1854.)

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