‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 90 sur 734 · VINGT ET UN JANVIER, SAINTE AGNÈS · texte numérisé non relu

VINGT ET UN JANVIER, SAINTE AGNÈS

fit comparaître immédiatement et lui intima cette alternative : « Ou sacrifier à Yesta, ou être exposée dans un lieu infâme dans lequel elle souffrirait toutes sortes d’indignités.

Agnès ayant refusé de sacrifier à Vesta, les bourreaux s’empressèrent de la dépouiller de tous ses habits ; mais à l’instant ses cheveux devinrent si longs et si épais que tout son corps en fut entièrement enveloppé et intercepté à tous les regards ; puis, au moment où elle entrait dans le lupanar elle y trouva un ange pour la défendre et une belle robe plus blanche que la neige, et même le lieu infâme fut éclairé d’une très brillante lumière. Agnès, transportée de reconnaissance, se prosterna devant le Seigneur pour prier, et le lupanar était ainsi devenu un lieu de prière où ceux qui entraient étaient saisis de respect. Quant à Procope, étant venu pour insulter à la vertu d 'Agnès, il ne rendit point honneur à Dieu, à la vue de cette vive lumière qui l’environnait ; mais avant d’avoir pu toucher la vierge, il expirait étoulfé par le diable. Le Préfet de Rome, en apprenant la mort de son fils, accourut immédiatement et supplia Agnès de lui rendre son fils sain et sauf avec l’aide de son ange. Agnès se prosterna la face contre terre en demandant au Seigneur, avec beaucoup de larmes, de le faire renaître à la vie, et l’ange après l’avoir relevé ressuscita le jeune homme qui sortit en criant à haute voix : « Il n’y a qu’un Dieu au ciel, sur la terre et sur la mer ; c’est le Dieu des chrétiens. Tous nos temples ne sont que vanité : vanité tous les dieux qu’on y honore. Ils sont absolument incapables de se secourir eux-mêmes, encore moins de secourir les autres. » A cette parole les aruspices et les pontifes des temples se troublèrent, et il s’en suivit une terrible sédition. « Enlevez-nous cette magicienne qui bouleverse les esprits et pervertit les âmes, » criait le peuple. Le préfet de Rome craignant pour lui-même la proscription, bien qu’il eût voulu défendre Agnès qui venait de lui rendre son fils, laissa à son lieutenant tout pouvoir pour arrêter la sédition.

Celui-ci fit aussitôt allumer un grand feu et donna l’ordre de jeter la vierge au milieu des flammes ; mais les flammes s’étant divisées en deux dévorèrent les séditieux qui entouraient le bûcher, tandis que la sainte n’en éprouvait aucune atteinte. Le peuple qui n’y voyait que l’effet d’un maléfice, vociférait de plus en plus. Enfin le lieutenant Aspasèces ordonna d’immoler Agnès par le glaive.

Son chaste corps fut déposé dans l'héritage de l’un de ses parents hors de la porte de Numa (qui se nomme aujourd’hui Sainte-Agnès\ Quelques années après, Constance, fille de l’empereur Constantin, après avoir été guérie d’une maladie affreuse par l’intercession de sainte Agnès, lui fit faire un beau sépulcre et à sa prière Constantin-le-Grand fit bâtir une belle église sur le cimetière de sainte Agnès, dans le même endroit où le corps de cette sainte fut trouvé. On la désigne sous le nom de Sainte-Agnès hors les murs, ou bien de Basilique Nomentane. On y descend par un escalier en marbre de quarante-cinq degrés. Une autre église située sur la place Navone, a été élevée à la place du lupanar où elle fut exposée.

La scène de ce lupanar, où la pudeur de notre sainte fut si merveilleusement sauvegardée par un ange, a donné lieu certainement à l'invocation qui lui est adressée pour la conservation de la Pureté.

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