VINGT-DEUX JANVIER, SAINT TROUVÉ
autres et installé l'Abbé, il s’enfuit de nouveau sur la montagne d’Agoneta. Là, il eut des visions merveilleuses, et sa sainteté était si grande qu’un enfant fut guéri d une fièvre très violente avec de l’eau dont il avait lavé ses mains. C’est là sûrement l’origine des invocations qui lui sont adressées contre la fièvre.
On le contraignit encore d’interrompre sa solitude pour fonder un monastère près de Sangro, qui fut appelé Saint-Pierre deAvellana, à cause d’un noyer d’énorme grosseur qui en était proche. Puis il chercha de nouveau une retraite dans la Campanie. Là, il bâtit encore deux autres monastères et brilla par l’esprit de prophétie, et l’événement justifiait souvent sa prédiction. Il voyait ce qui se passait en son absence. Un jour on lui avait envoyé du vin ; en route les domestiques en avaient bu une grande partie et l’avaient remplacé par de l’eau. Il les réprimanda et les amena à résipiscence. Une autre fois un serviteur avait caché dans une haie des poissons dont on lui avait fait l’aumône. Il l’avertit d’y bien prendre garde et de n’en pas manger ; en effet, le domestique infidèle trouva les poissons transformés en serpents. C'est à cause de ce miracle qu’il est invoqué contre les serpents.
Le comte de Sora vint un jour se jeter à ses pieds et lui découvrit le malheureux état de son âme, en lui demandant une pénitence pour satisfaire à la justice de Dieu. Le saint lui ordonna d’édifier un monastère et choisit lui-mème l’emplacement près de Sora. Ce fut d’abord un couvent de femmes ; comme ces religieuses étaient loin d’être exemplaires, le comte pria Dominique d’en prendre le gouvernement ; notre saint, après mille difficultés, y établit une congrégation d’hommes au milieu desquels il demeura jusqu’à la fin de sa vie, qui eut lieu le 22 janvier 1031. Il était âgé de quatre-vingts ans.
Les populations l’invoquaient principalement contre la tempête et la grêle. Aussi, quand il tonnait, on sonnait la cloche de la basilique de Sora. C’est pour la même raison que les habitants de Foligno avaient l’habitude, chaque année, d’envoyer au monastère de Saint-Dominique, aux frais du trésor public, une somme d’argent, des étoffes de laine pour habiller les moines et des cordes pour sonner les cloches de l’église. D’après les archives de Foligno, tant que le tribut fut payé, la ville n’eut jamais à souffrir de la grêle ou des autres intempéries de l'air. Outre les invocations indiquées plus haut, saint Dominique était encore invoqué contre la morsure des chiens enragés.
(Année Bénédictine. — Ferrarius. — Grands et Petits Bollandisles. — Calendarium Benedictinum) .