SAINT PANTALÉON, MÉDECIN MARTYR
COMMENCEMENT DU IVe SIÈCLE.
Patron des Médecins. — Invoqué contre la Consomption et contre les Sauterelles. — Un dos quatorze Auxiliateurs.
Pantaléon eut pour père un païen et pour mère une chrétienne qui mourut lorsqu’il était encore au berceau, et ne put par conséquent l’empêcher d’être élevé dans le paganisme. Il étudia la médecine sous la direction d’Euphrosine, premier médecin de Maximien ; il y fit de tels progrès que ce prince avait l’intention de l’attacher à sa personne comme médecin. Un jour, il rencontra un saint pretie nommé Hermolaüs qui lui parla de ia puissance de Jésus-Crist et lui expliqua toute la doctrine chrétienne. Vers le même temps, il trouva un enfant mort et une vipère près de lui. « Voilà bien, se dit-il, 1 occasion de voit si les « paroles d’Hermolaüs sont véritables ; si le nom de Jésus-Christ est « aussi puissant qu’il me l’a dit, l’enfant ressuscitera et la bête portera « la peine de son crime ». Dans cette pensée, il fit une prière au Christ , aussitôt après, il vit l’enfant se lever plein de vie et le serpent expirer. Dès ce moment, Pantaléon résolut de se faire chrétien et il reçut le baptême. Il eut bientôt la joie de convertir son père par la guérison miraculeuse d’un aveugle qu’il opéra devant lui. Les autres médecins, par jalousie, le dénoncèrent à Maximien comme chrétien ; l’Empereur le ht Comparaître devant lui. Pantaléon , pour lui prouver que les dieux n e-
taient que mensonge, lui proposa de faire venir en sa présence un malade incurable ; « vos prêtres invoqueront Jupiter, Apollon ou Neptune, « lui dit-il, moi j’invoquerai Jésus-Christ et l’on verra par qui le malade « sera guéri ». Maximien accepta la proposition. On apporta un paralytique qui, depuis de longues années, était cloué sur son lit. Les prêtres eurent beau invoquer Esculape ou les autres dieux; le paralytique ne fit pas le moindre mouvement ; tandis que Pantaléon ayant adiessé une invocation à Jésus-Christ et touché le pauvre estropié avec la main, il se leva et se mit à marcher d’un pas ferme. A cette vue, un giand nombre de païens se convertirent.
Les prêtres et les médecins conjurèrent l’Empereur pour empêcher leur religion d’être anéantie, de forcer Pantaléon à sacrifier aux dieux. Le Saint refusa énergiquement et fut livré aux plus cruels supplices. M. Jules de Kerval (vie de saint Gilles, page 177), les résume ainsi et décrit en même temps les diverses circonstances de sa mort.
« Pour le forcer à reconnaître ses dieux, Maximien le fit déchirer à l’aide d’ongles de fer, brûler avec des torches ardentes, plonger dans une chaudière pleine de plomb fondu. Notre Seigneur appai’aissant au martyr le délivra de ses tourments. Il le sauva aussi du fond de la mer, où le tyran l’avait fait précipiter avec une pierre au cou ; il le sauva de la fureur des bêtes féroces auxquelles on l’avait exposé, de la violence d’une roue armée de pointes aiguës à laquelle on l’avait attaché... » Ayant été condamné à être décapité, « le Saint se mit en prières et on entendit une voix miraculeuse qui déclara qu’il ne s’appellerait plus Pantaléon mais Pantalèèmon, c’est-à-dire pitié pour tous, parce que tous ceux qui l’invoqueraient recevraient miséricorde par son intercession. Le bourreau, saisissant son glaive, lui trancha la tête. Au lieu de sang, il coula du lait en abondance et l’olivier qui n’avait point de fruit en fut aussitôt chargé. C’est pour cela qu’on représente saint Pantaléon les mains liées ou clouées à un tronc d'arbre. »
Cette circonstance du lait qui coula au lieu de sang, estprobablement l’origine de l’invocation qui lui est adressée par les nourrices à Lucé, près de Chartres, et que signale Thiers dans son traité des superstitions, (2e vol., page 457). Dans le calendrier de Sarragosse, Pantaléon est indiqué comme Abogada contra la Langosta , avocat contre la sauterelle, sans qu’on puisse en deviner le motif.
Saint Pantaléon a été mis au nombre des 14 auxiliateurs.
{Acte des Martyrs. — Vie et culte de saint Gilles, par Jules de Kerval.)