‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 122 sur 724 · SAINT FRIARD, RECLUS AU DIOCÈSE DE NANTES · texte numérisé non relu

SAINT FRIARD, RECLUS AU DIOCÈSE DE NANTES

VI® SIÈCLE. — oil-557

Invoqué contre la fièvre et les maux de reins. — Patron des laboureur#

et des vignerons.

Jriard embrassa la profession de laboureur, qui était celle de son père. Profondément pénétré des vérités de la religion, que ses parents lui avaient inculquées dès l’âge le plus tendre, il avait sans cesse, tout en cultivant la terre, l’esprit tendu vers les choses du ciel. Il menait une vie sim- ________ pie et frugale ; il priait fréquemment au pied d’un arbre. Ses

compagnons de travail, qui étaient loin de lui ressembler, le poursuivaient°souvent de leurs railleries. Un jour que Friard faisait la moisson avec un grand nombre d’autres ouvriers, quelques moissonneurs mirent le pied sur un essaim de frelons, qui s’élancèrent tout à coup sur les travailleurs, et les dispersèrent dans toutes les directions. Friard , au premier moment, s’enfuit à leur exemple, mais bientôt se jetant à genoux, il répéta son mot favori: « Notre secours est dans le nom du Seigneur. » Aussitôt il eut la satisfaction de voir les frelons rentrer paisiblement dans le lieu de leur retraite et abandonner le terrain aux moissonneurs, qui n’en furent plus incommodés. A partir de ce jour, tous ceux qui s’étaient moqués de Friard, se montrèrent remplis de respect et de vénération pour le grand serviteur de Dieu.

Un jour qu’il était monté sur la cime d’un arbre pour l’émonder, une branche se brisa sous son pied, il fut renversé sur les reins, et aurait pu faire une chute très grave ; mais, ayant prononcé son mot favori, il glissa de branche en branche, et arriva sur la terre sans éprouver aucun mal, à la grande stupéfaction des assistants. Friard resta dans la condition où il était né jusqu’à l’âge de 53 ans. Par amour pour la solitude, il se retira dans une île du nom de Vindunet, où fut depuis bâtie l’église paroissiale de Besné ; là, il brilla par plusieurs miracles. Un jour se promenant autour de son ermitage, il ramassa une branche d’arbre brisée par le vent et s’en fit un bâton. Après s’en être ainsi servi quelque temps, cédant à une inspiration divine, il planta en terre ce bois aride et desséché qui, bientôt prenant racine, devint un arbre portant des fleurs et des fruits.

Friard sentit sa fin approcher ; il fut saisi d’une fièvre violente qui devait l’emporter rapidement ; mais elle se calma, pendant quelques jours, pour donner à saint Félix, son évêque, le temps de venir lui fermer les yeux.

Le patronage des laboureurs n’a pas besoin d’être justifié ; quant à celui des vignerons, il pourrait bien venir du bhton, devenu arbre, cité plus haut, et dont la plantation rappelle jusqu’à un certain point celle de la vigne. D’après M. l’abbé Audiger, curé en 1878 de Besné, saint Friard est encore invoqué aujourd’hui dans cette localité contre les maux de reins et la fièvre. L’invocation contre la fièvre a certainement pris sa source dans la dernière maladie de saint Friard ; celle des maux de reins est plus difficile à expliquer, c’est peut-être un souvenir de la chute T. u. 8.

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