‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 131 sur 724 · QUATRE AOUT, SAINTE PERPÉTUE · texte numérisé non relu

QUATRE AOUT, SAINTE PERPÉTUE

Dictionnaire des confréries et des corporations publié par l’abbé Migne, on trouve celui des Culottiers. Ces quatre professions appartiennent à là confection du vêtement. Leurs membres n’auraient-ils pas été séduits par la forme élégante, par l’agencement des plis, par l’éclatante blancheur de la robe, en un mot par la belle ordonnance du costume des Dominicains ? On ne saurait trop souvent se remettre en mémoire que les ouvriers, à la recherche d’un saint qu’ils voulaient prendre pour patron, se rattachaient souvent aux circonstances, je ne dirai pas les plus minimes, mais meme les plus puériles, surtout quand ils avaient le désir ae choisir absolument un saint célèbre entre tous les autres. Ainsi leur choix aurait pu encore être guidé par deux passages de la vie du Saint que je puise dans les Petits Bollandistes. Le premier est ainsi conçu :

« Le peuple de Rome avait un tel respect pour le Saint, que chacun » s’estimait heureux de le pouvoir toucher et que plusieurs même lui » coupaient les bords de son habit pour en faire des reliques : de sorte » que quelquefois il ne lui descendait plus que jusqu’aux genoux... »

Le bienheureux Reginald de Saint-Gille, chanoine de l’église de Saint- Aignan, à Orléans, avait demandé l’habit de saint Dominique. Sachant qu’il avait enseigné à Paris le droit canon pendant cinq ans, le Saint y consentit ; mais le nouveau disciple fut saisi tout à coup d’une maladie violente qui mit ses jours en danger. Un jour que la fièvre le tourmentait plus cruellement, la sainte Vierge, par l’intercession de saint Domiuique, lui apparut, et le touchant de sa main à tous les membres que le prêtre a coutume d’oindre en donnant l’Extrême-Onction, elle lui rendit la santé. Elle lui fit voir, en même temps, l'habit qu'il devait porter qui n’était point un habit de chanoine, comme saint Dominique et ses disciples l’avaient porté jusqu’alors, mais un habit et un scapulaire de serge blanche avec une chape et un chaperon noir par-dessus, que le Saint adopta pour son Ordre, après avoir obtenu l’autorisation du Pape.

Avec ces documents, le lecteur pourra lui-même chercher l’origine de la protection réclamée auprès de saint Dominique, par les Tailleurs, les Costumiers, les Couturières et les Culottiers.

Saint Dominique est souvent représenté une étoile au milieu du front ou au-dessus de sa tête, tenant une branche de lis d’une main et le livre de sa règle, de l’autre. On voit, aussi à ses pieds, un chien noir tâcheté de blanc qui éclaire la boule d’un monde avec une torche enflammée qu’il tient dans sa gueule.

(Ribadaneira. — Les Bollandistes. — Les Petits Bollandistes).

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