SEPT AOUT, SAINT ALBERT DE TRAPANI
à Albert contre la stérilité conjugale. Malgré les promesses qu il avait faites, le père d’Albert, à l’âge de dix-huit ans, voulut le fiancer à une princesse de sang royal ; mais il finit par céder aux légitimes sollicitations de sa femme et remit lui-même son fils entre les mains du prieur d’un couvent de Carmes, situé à deux mille de Trapani. Albert embrassa ce nouveau genre de vie avec le plus grand enthousiasme et commença à se livrer aux plus rudes austérités. Quand il eut terminé son noviciat, ses supérieurs l’obligèrent à recevoir les Ordres qu’il refusait par humilité.
Comme la ville de Messine était assiégée et investie par le roi Robert de Naples, les habitants ayant consommé toutes leurs provisions, étaient sur le point de mourir de faim. Les principaux de la ville vinrent supplier saint Albert d’être leur médiateur auprès de Notre Seigneur et de sa divine mère ; il se mit immédiatement en prière et le jour même, malgré l'investissement rigoureux de la ville, trois galères chargées de provisions, vinrent aborder à Messine ; elles disparurent après qu’on eut distribué ce grand secours dans toutes les maisons, ce qui fit croire aux habitants qu’ils avaient reçu de Dieu sa bénédiction par le ministère des anges.
Dans ce même temps, un moine du monastère de Saint Sauveur avait été abandonné des médecins à la suite d’un abcès dans la gorge, qui faisait présager une suffocation imminente. Mandé par lui, Albert fit le signe de la croix sur le moine, et l’ayant pris par la main, il lui demanda s'il espérait en Notre Seigneur et en sa très sainte mère. Après la réponse affirmative du malade, l’abcès creva et il fut guéri. C’est en souvenir de cette guérison miraculeuse que saint Albert est invoqué contre les abcès dans la gorge.
Saint Albert voulant vivre dans la solitude, se retira dans une petite maison près de Messine, ne s’occupant que des affaires de Dieu, priant jour et nuit, et s’entretenant souvent avec la sainte Vierge, sa divine protectrice. C’est là où il eut la révélation de sa mort, qui arriva le 7 août 1306. Le roi de Sicile assista à ses funérailles avec toute sa cour. Lorsqu’il fut question de mettre son corps dans la terre, les prêtres voulurent chanter l'office des morts ; mais deux anges parurent dans les airs en chantant : Os justi meditabitur sapientiam, (la bouche du juste s’exercera à célébrer la sagesse) (1) et l’on célébra la messe d’un saint confesseur.
L’allemand Henri Alt dit qu’il est représenté avec un lis, symbole de la pureté de son cœur et de sa chasteté, avec un livre, symbole de sa science, avec une lampe, symbole de ses veilles et de ses pratiques de dévotion qui se prolongeaient bien avant dans la nuit. Il ajoute que saint Albert est invoqué en Sicile contre la fièvre jaune.
Les Bollandistes citent la cessation d’une contagion pestilentielle, obtenue par l’intercession dé saint Albert et un grand nombre de guérisons de fièvret simples, aussi obtenues par son secours. Les Castillans y ajoutent l’invocation contre les tremblements de terre et contre la jaunisse, comme l’indique cette strophe d’un cantique de leur pays ( Gozos ): r J
(1) Tradnction de l’Abbé Glaire.