SAINTE SUZANNE, VIERGE ET MARTYRE
IIIe SIÈCLE. — 295.
Invoquée dans les Calamités publiques et pour la Pluie.
Elle était fille de Gabinius, frère du saint pape Caïus, qui, après la mort de sa femme, s’était fait prêtre. Elle avait reçu tous les dons de la beauté, de la vertu, de l’esprit et de la science. L’empereur Dioclétien, ne sachant pas qu’elle était chrétienne, résolut de la marier avec son gendre et son successeur Maximien, qui avait épousé sa fille et qui venait de la perdre, sans qu’elle lui ait laissé aucune postérité. Il chargea un de ses cousins germains nommé Claude de négocier cette alliance. La sainte fille refusa nettement l’offre qui lui était faite en disant qu’elle mettait infiniment au-dessus de l’Empire la foi de Jésus-Christ et sa virginité ; puis elle parla à Claude avec tant de ferveur qu’elle l’amena à la connaissance du vrai Dieu et le convertit. Elle convertit également un autre messager du nom de Maxime que Dioclétien avait envoyé à Claude pour savoir à quel point était arrivée la négociation dont il l’avait chargé. L’empereur, ayant appris la conversion de Claude et de Maxime, les fit conduire au port d’Ostie et ordonna qu’ils fussent brûlés vifs.
Ce fut alors qu’il mit Suzanne entre les mains de l’impératrice Serene, sa femme, afin qu’elle lui persuadât d’épouser Maximien ; Serene était déjà chrétienne en son cœur et Suzanne développa en elle tous les germes de la perfection qui lui valurent plus tard la couronne du martyre. De guerre lasse, Dioclétien renvoya la sainte dans la maison de son père, espérant que, là, Maximien pourrait la conquérir par la violence. Maximien, effectivement, entra la nuit dans la chambre où elle était an oraison ; mais quel ne fut pas son étonnement en la trouvant environnée d’une splendeur céleste dont il n’osa pas s’approcher.