ANACHORÈTE CONFESSEUR
VIe SIÈCLE.
Invoqué pour la Pluie et contre la Fièvre.
a biographie de saint Carmcry est assez incertaine. On le qualifie ordinairement de duc d’Aquitaine. S’étant converti à la foi chrétienne et voulant abandonner le monde, il vint se cacher dans une caverne située aux environs de Tulle, près du village de Laguennc. Au XVIIe siècle, tout le pays environnant et les habitants de Laguenne se rendaient encore en procession dans celte caverne le jour de sa fête.
On ne saurait déterminer le temps qu’il passa dans cette solitude. On sait seulement qu’il vint en compagnie d’un saint ermite, dans le Velay, où il fonda l'abbaye de Monestier-Saint-Chalïre. Cette fondation, située dans le diocèse du Puy, en un petit endroit appelé le Villars, consistait en quatre ou cinq maisons, où il dressa un oratoire en l’honneur du prince des apôtres, sous un rocher appelé depuis ce temps-là Calmel Saint Carmcry partit ensuite pour Rome et y obtint la confirmation de son monastère. A son retour, il ramena du monastère de Lérins quelques religieux auxquels il confia la direction de la nouvelle abbaye.
Toujours infatigable, saint Carmcry fonda encore un autre couvent dans la plaine de Riom, le couvent de Mozac, où il passa le reste de ses jours et où il rendit enfin son âme à Dieu, au milieu des religieux qu’il avait constamment édifiés par ses austérités et ses vertus.
Son corps fut enterré sous le maître-autel du couvent qui, depuis, a obtenu plusieurs grâces et faveurs du ciel par l’intercession de ce Saint.
A la fin du XIe siècle, des soldats profanèrent ses cendres. Le diable se saisit de leurs personnes et en étrangla deux sur place. Les autres moururent quatre jours après dans d’horribles convulsions.
-T. Collin assure, sans pouvoir en préciser les circonstances, que les reliques de saint Carmery furent transportées vers 1172 environ dans l’église de Laguenne, qu’elles furent mises dans un caveau qui fut réparé en 1462 et qu’enfin elles furent placées dans une belle châsse émaillée et dorée où elles étaient exposées pendant toute l’année à la vénération des fidèles.
Dans les années de sécheresse , la châsse était portée vers une fontaine près de la grotte du Saint ; après l’avoir mouillée légèrement d’un seul côté, la prière du peuple était ordinairement exaucée, ce que témoignait une abondance de pluie envoyée aussitôt de Dieu.
Les personnes atteintes de la fièvre étaient également guéries en avalant, dansleur boisson, la poussière du rocher qui avait servi de demeure à saint Carmery.
(J. Collin, d'après un manuscrit de la Maison de ville de Limoges , d'un vieux légendaire de Mozac, en Auvergne, et du sanctoral de l’église de Laguenne (B as- Limousin). — Dominique Branche, d’après le livre de l’église du Monestier Saint-Chaffre et l’histoire de Notre-Dame du Puy).