‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 199 sur 724 · VINGT AOUT, SAINT ZACH1ÎE · texte numérisé non relu

VINGT AOUT, SAINT ZACH1ÎE

ordres. Ordonné prêtre à vingt-deux ans, en vertu d’une dispense de Bouiface VI TI, il fut nommé par ce môme pape à l’évêché de Toulouse. S’étant rendu a Rome, il y fit profession chez les frères Mineurs du couvent d'Ara-Cœli, afin d’exécuter le vœu qu’il avait formé à Barcelone, pendant une maladie très grave. D’après les ordres du pape, il portait le costume ecclésiastique par dessus la robe franciscaine. Il fit sou entrée à Toulouse sous l’habit pauvre de son ordre II commença l’exercice dos fonctions épiscopales par la visite des hôpitaux et par le soulagement des pauvres auxquels il consacra la plus grande partie de scs revenus. Il en nourrissait, tous les jours, vingt-cinq à sa table et les servait un genou en terre. Un jour, dans une rue de Toulouse, il entendit une pauvre vieille malade qui demandait à être confessée ; il voulut absolument lui conférer le sacrement de pénitence. Lorsqu’il sortit de ce misérable réduit, ses prêtres l’avertirent qu’il était toutcouvert de vermine: « Ce sont-là, leur répondit-il sans s’émouvoir, les perles des pauvres. »

Malheureusement, son épiscopat fut de courlc durée ; étant tombé malade au château de Brignoles, il mourut le 19 août 1297, âgé de vingttrois ans et demi. Jean XXII le canonisa à Avignon en 1317. Ilest impossible de déterminer les motifs qui l’ont fait choisir pour patron par les porteurs de charbon de Rouen.

En 1767, deux nobles époux de Carpineto, du nom de Pecci, voyaient avec tristesse leur illustre maison, menacée de s'éteindre. La pieuse femme, Anne-Marie Jacovacci, d’après les conseils du Père Raymond, franciscain de l’Observance, mort depuis en odeur de sainteté, fit une ncuvaine à saint Louis d’Anjou. Ses prières furent exaucées et l’enfant obtenu par l’intercession du saint évêque de Toulouse, fut l’heureux père de celui qui s'appelle aujourd’hui Léon XIII. ( Revue franciscaine, octobre 1884, p. 320).

Les vieux maîtres de l’école de Florence et de Sienne se sont plu à représenter saint Louis en compagnie de saint François d’Assise et de saint Antoine de Padoue. Il se distingue par son costume d’évêque, par sa chape fleurdelisée sous laquelle il porte la robe de bure des franciscains. Quand il est représenté isolément, on met ordinairement la couronne royale à ses pieds.

(RiiuDANEinA. — L’Abbé Piîtin. — Les Petits Bollandisles) .

vingt AOUT

SAINT ZACHEE ou AMADOUR ou AMATEUR

SOLITAIRE DANS LE ftUERCY

let SIÈCLE

Patron des Aubergistes.

j’Ai’nùs une tradition fort ancienne, disent les Petits Bollandistes (26 août), confirmée par l'autorité du pape Martin Y | (bulle de 1427) et les récentes découvertes hagiologiques, saint Amateur est le même personnage que Zachèe dont il est parlé dans l’Evangile et que l’on croit être l’époux de sainte Véronique. »

On sait par saint Luc (19, Y) que Zachèe , parce qu’il était petit, ne pouvant voir Jésus au milieu de la foule, monta sur un sycomore. Jésus

VlMGT AOUT, SAINT ZACHÉE.

rapercevant lui dit: Zachée, descends vite, je viens loger chez toi. 11 était tout naturel que les aubergistes choisissent pour leur patron celui dont Notre Seigneur avait ainsi réclamé V hospitalité. Zachée devint disciple de Jésus, et Véronique, sa femme, se mit à la suite de . Marie. Bientôt ils furent persécutés pour la foi ; mais un ange les délivra de leur prison et leur ordonna de se mettre en mer et de s arrêter où le navire prendrait port. Leur navire vint aborder sur la côte du Médoc, à Soulac ; ils y vécurent dans le jeûne et dans la prière; saint Martial les y visita et bénit un oratoire qu'ils avaient élevé à saint Etienne. Zachée, d’après l’ordre de saint Martial, alla à Rome auprès de saint Pierre. Pendant ce temps-là, sainte Véronique, qui était restée dans le pays bordelais, rendit son âme à Dieu. Zachée , à son retour à Soulac, y érigea deux monastères et se retira du monde. Ce fut vers l’an 70 qu’il choisit, pour ermitage et pour retraite, un rocher alors inhabité et peuplé de bêtes féroces. « Les peuples des belles vallées de Figeac et de Saint- Céré, disent encore les petits Bollandistes, saluèrent le pieux ermite du nom d ’Amator Iiupis (Amateur de la Roche) ; plus tard, ce nom se changea en celui d’Amadour ou de Roc-Amadour, plus conforme au génie du dialecte méridional. » Les habitants du pays étaient presque sauvages, saint Amadour les évangélisa et érigea, dans le rocher, un autel en l’honneur de Marie, sur lequel il plaça une petite statue de la mère du Sauveur, qu’il avait façonnée lui-même et qui est encore exposée à la vénération des fidèles.

Saint Amadour, saisi par une fièvre aigue et connaissant par révélation divine que sa mort approchait, se fit transporter dans la chapelle Notre-Dame et il expira au pied de l’autel.

Dans l’église souterraine de saint Amadour, on lit cette inscription qui rappelle l’invention de son corps : L’an 1166, le corps de saint Amadour fut retrouvé intact dans le tombeau où il reposait depuis sa mort, il fut levé de terre solennellement , puis déposé en la présente église qui a été consacrée en son honneur. L’intégrité de son corps, persistant depuis quinze cents ans, avait donné lieu dans les pays les plus. éloignés, aussi bien que dans le Quercy, à des dictons populaires : « Ceci est entier, disait-on, comme le corps de saint Amadour ». « Il est en chair et en os, comme saint Amadour. » L’abbé Corblet (4° vol., p. 139), cite ce dernier en patois de la Picardie où il est populaire:

En chail- et en ous (os)

Commo saint Amadou.

En 1562, les Huguenots essayèrent de brûler les reliques de saint Amadour ; mais le feu parvint seulement à les noircir sans pouvoir les consumer. Elles furent également attaquées et profanées en 1793, aussi il ne reste plus que deux reliquaires qui contiennent encore plusieurs ossements que le feu n’a pas même endommagés. « Le pèlerinage de Roc-Amadour, dix-huit fois séculaire, d’après les petits Bollandistes, est encore aujourd’hui un des plus célèbres de France. »

( Guide du Pèlerin de Roc-Amadour, approuvé le 9 septembre 1862, par Mgr Bardou, évêque de Cahors. — Les Petits Bollandistes.)

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