ERMITE DE SAINT AUGUSTIN
Invoqué pour les Ames du Purgatoire.
o mme sa mère était restée stérile pendant de longues années de mariage, elle invoqua saint Nicolas de Bari. Son vœu ayant été promptement exaucé, elle donna le nom de Nicoi las à son fils et il fut appelé de Tolentino, à cause de son j'À long séjour dans cette ville. Dès l’âge de sept ans, il prenait
l’habitude de vivre avec du pain et de l’eau et il commençait à jeûner. Parvenu à l’âge adulte, il embrassa la vie cléricale et fut promu à un canonicat. Un jour, ayant entendu un religieux de l’ordre des Augustins prêcher le mépris du monde, il voulut absolument entrer dans leur couvent. Vêtu d’un habit grossier, déchiré par les flagellations
et par une chaîne de fer serrée autour de son corps, presqu’entièrement privé de sommeil, il éclata par son humilité, sa charité, sa patience et par toutes les autres vertus. Dans l’exercice du sacerdoce, il unissait l’amour de Dieu dont il était consumé, à l’amour de son prochain, surtout des âmes livrées aux flammes expiatoires et il en délivra plusieurs du feu du purgatoire par ses prières, ses jeûnes et ses austérités. Aussi avaient-elles en lui une grande confiance et lui envoyèrent-elles Fr... Pellegrino d’Osimo, qui avait été son ami pendant sa vie, pour obtenir de lui beaucoup de suffrages. Cette âme lui apparut doncpendant son sommeil et lui ayant appris qu’elle était en Purgatoire : « Viens, Père, ajouta-t-elle, et contemple nos misères. Et, l’ayant conduit dans nne grande plaine, le Saint la vit toute couverte de flammes ardentes au milieu desquelles une innombrable quantité d’âmes jetaient des cris lamentables et imploraient du secours par les gestes les plus expressifs.
DIX SEPTEMBRE, SAINT NICOLAS DE TOLENTINO
Se réveillant a ces cris de douleur, le Saint quitta aussitôt sa couche se prosterna contre terre et, versant un torrent de larmes, offrit à Dieu
les plus ferventes prières pour ces infortunées. Le lendemain, il obtint
du Père prieur la permission de célébrer pour elles la sainte messe pendant toute la semaine et le fit avec tant de ferveur que, le dernier jour, Fr. Pellegrino vint le remercier de sa généreuse charité, grâce à laquelle il avait, avec beaucoup d’autres âmes, été délivré de ses peines et admis dans le Paradis.
Le diable, jaloux d'une si grande perfection, mit tout en œuvre pour le faire dévier de la voie qu’il suivait avec une fermeté héroïque. Il lui tendit toute espèce d’embûches et exerça envers lui les plus grandes violences. R alla meme jusqu’à le battre de verges, mais Nicolas triompha principalement par le secours de l’oraison qu’il prolongeait le plus souvent depuis la première heure de la nuit jusqu’au lever du soleil.
Une année avant sa mort, une étoile extraordinaire, apparut au-dessus du village de Saint-Ange, où il était né, et vint s’arrêter sur l’autel où il avait coutume de dire la messe. On le représente souvent tenant à la main cette étoile ou la portant sur sa poitrine et notoirement dans la Chronique de Nuremberg. Pendant les six derniers mois qu’il resta encore sur cette terre, il entendait toutes les nuits un concert d’anges dont la mélodie était un avant-goût des joies du paradis.
Sou corps fut enterré dans la chapelle où il disait ordinairement la messe. Quarante ans après sa mort, un religieux du couvent de Tolentino, par un zèle pieux, mais indiscret, ayant voulu séparer les bras de son corps, une grande quantité de sang s’écoula des deux blessures. Le jour de la fête de Nicolas, à Rome, on expose des parcelles de ce sang miraculeux dans l'église Saint- Augustin.
D’après les Bollandistes (tome III, septembre, 647), il obtint également par ses jeûnes et par ses prières, le salut de son frère qui avait été tué sans avoir eu le temps de se reconnaître.
Ce sont-là probablement les points de départ des invocations qui lui sont adressées pour les âmes du purgatoire.
Suit une oraison qui se trouve au 10 septembre dans les Acta sanctorum de Daniel Papebrock (2 vol. in-32, Anvers) :
Deus, qui S. Nicolai Tolenlinatis preces, ad purgantium animarum refrigerium, benigne suscepisli, exaudi nos pro iisdem supplican tes et a peccatis posl morlem purgandis misericorditer prœserva.
Ora pro fidelibus defunctis.
Dieu qui avez accueilli avec bonté les prières de Saint Nicolas de Tolentino pour le soulagement des âmes du purgatoire, écoutez celles que nous aussi nous vous adressons pour elles et préservez-nous miséricordieusement des péchés que nous aurions à expier après la mort.
Priez pour les fidèles trépassés.
Un cantique castillan (Gozos) célèbre également la môme invocation :
Al alegre consistorio Millares de aimas lleves Desde al triste pcrgatorio Cuando per ellas rogais.
Au bienheureux séjour vous apportez des milliers d’âmes en les retirant du triste purgatoire lorsque vous priez pour elles.
D’après le Père Cahier saint Nicolas est parfois représenté tendant le bout de sa ceinture aux âmes du purgatoire, comme pour les aider à en
sortir.
Malade à la suite de scs jeûnes prolongés, saint Nicolas avait été con-
DIX SEPTEMBRE, SAINT NICOLAS DE TOLENTINO
1; in visite de saint Augustin et de la sainte Vierge, qui lui donna un S miraculeux M aide duquel su santé avait été bientôt rétablie Sannin» dans sa Colteclio benedictionum, indique une puere sous nutnéio ”x intitulée : Bénédiction du pain de saint Nicolas de Tôle ntmo. rè min dit-il était conservé dans chaque maison, avec le plus grand réspect/pour s’en servir dans les Nécessités occurrente s. Cette bénédiction ptp lonpp pt ciDDi‘0UV6G par 1g papG Eu^giig XV-
Void deux oraisons ayant trait à cette bénédiction et qui se trouvent dans un bréviaire romain, imprime a Venise en 15bb .
OREMUS
Te igilur suppliciter deprecamur ut benedicere et sanctificare digneris hune creaturam panem, ut quicumquc ex eo guslaverit, per intercessionem dilecli famuli lui Nicolai de Tolentino consequalur vitam ceternam : et exlinguere ab omnibus digne sumentibus, si quul veneni, si quid mortiferce operationis fucrit, et clementer eos defendere. Per etc.
OREMUS
Deus et paler Domim nostri Jesu Christi, cujus verbo cœ'i firmati sunt, cui omnia subdita sunt, cui omnis creatura deservit, et poleslas subjecta est, et mctuil et expacescil ; «os te ad auxilium provocamus, cujus audito nomme, serpens conquicscit, draco {agit, silet vipera et omnia venenata, cliam adhuc fortia animalia rcplantia noxia terrentur, et omnes adversw laluti humante radiées arescunt, le ergo, Domine, suppliciter deprecamur, ut benedicere et sanctificare digneris liane créalurarr. panis, ut quisque ex eo comederil. per interccssioneru sancli tui Nicolai de Iolentino, vitam œternam consequalur . Per, etc.
PRIONS
Nous vous supplions donc humblement de daigner bénir et sanctifier cette créature du pain afin que quiconque en aura mangé obtienne la vie éternelle par l'intercession de voire bion-aimé serviteur Nicolas de Tolentino ; daignez aussi éloigner de tous ceux, qui le recevront dignement tout poison et toute atteinte mortelle et les défendre avec bonté. Par etc.
PRIONS
Dieu, père de Notre Seigneur Jésus Christ, qui a affermi les cieux par sa parole, auquel tout est soumis, toute créature obéit et qüe tout pouvoir respecte, craint et redoute, nous vous appelons à notre secours, vous au nom duquel le serpent se cache, le dragon s’enfuit, lavipère se tait et tous les animaux rampants, nuisibles, venimeux, môme dans toute leur vigueur, sont effrayés, et toutes les plantes contraires à la santé de l’homme sont desséchées. Nous vous supplions donc humblement, Seigneur, de bénir et de sanctifier celte créature du pain, afin que tous ceux qui en auront mangé, obtiennent la vie éternelle, par 1 intercession de votre saint Nicolas de Tolentino. Par, etc.
Le jour de sa fête en Espagne, on bénit et on distribue des petits pains sans levain sous la forme d’une pièce de deux décimes que l’on prend contre tontes les maladies et spécialement contre Y Incendie.
L’église de Broû, diocèse de Belley, possède une relique du Saint, envoyée par Léon XII ; ce pape a accordé une indulgence plénière aux fidèles qui, ayant communié, visiteront l’église de Brou le dimanche qui suit le 10 septembre ou l’un des huit jours suivants (1).
{. Hagiologium italicum. — Les Petits Bolld.ndistes.)
(i) D’après les Légendes du Calendrier (Collin de Plancy) Saint Nicolas de Tolentino est invoqué contre les rhumatismes, parce qu’un vieux dicton populaire assure que le 10 septembre donne des douleurs : Denus fert mata Membris.
DOUZE SEPTEMBRE, SAINT GUY d’aNDERLECHT.