VINGT-CINQ SEPTEMBRE, SAINT FIRMIN
odeur des plus suaves et qui eut lieu le 13 janvier aurait également fait renaître un etc subit de trois heures, pendant lequel les arbres se chargèrent de Heurs et de fruits. En mémoire de ce miracle, d’après le P. Daire et Dom Grenier, le bedeau de la paroisse en Castillon d’Amiens assistait, la veille et le jour de la fête, à l'office de la cathédrale, tout couvert de feuillages, et pendant le Magnificat des premières Vêpres, il présentait à chacun des chanoines un chapeau de fleurs. On l’appelait l Homme vert. Ce même jour, 13 janvier, on allumait derrière le chœur un brasier de charbon, sur lequel on jetait de l’encens béni. Le peuple ne manquait pas de s’en munir contre la Foudre et les autres accidents.
Le culte de saint Firmin est très répandu dans toute la France et aussi dans le nord de l’Espagne. Le calendrier de Sarragosse au 7 juillet le désigne comme :
A bot/ado contra la hidropésia. | Avocat contre 1 ’Hydropisie.
Saint Firmin, en Picardie, est invoqué contre différents maux, et entre autres contre la Sécheresse. La châsse qui contenait ses reliques fut en effet portée en procession avec le plus grand succès contre ce dernier fléau aux XIIe et XVe siècles (voir 2e vol. abbé Gorblet, p. 166 et 167).
Quant aux autres invocations adressées à saint Firmin, il est presque impossible d’en déterminer le point de départ, d’après les documents très peu nombreux que l’on possède sur les actes du Saint ; nous nous contenterons donc d’en faire seulement l’énoncé, tiré de l’abbé Corblet (2e vol. p. 172). « On fait des pèlerinages en faveur de saint Firmin à Tully (Somme) pour se préserver des Clous ; à Saint-Pierre-du-Ghastel (Eure) contre les Picotements , désignés sous le nom de Fourmilière ; à Morbecque (Nord), où l’on va boire de l’eau du Puits de Saint-Firmin pour se préserver de la Fièvre , des Crampes et des Rhumatismes ; à Cormeilles (Eure), pour faire marcher les Enfants ; à Saint-Firmin-sur-Loire (Loiret), pour les Douleurs en général ; dans diverses églises de Normandie, contre les Tremblements ; à Saint-Martin-Saint-Firmin (Eure) ; à Saint-Firmin-des-Bois (Loiret) ; à la chapelle de Saint-Firmin de Pampelune, etc. Au moyen-âge, on invoquait spécialement saint Firmin contre TErèsipèle et le Scorbut... Il est encore le patron des Sapeurs- Pompiers d’Amiens et des Tonneliers d’Abbeville. »
D’après la lettre du 15 mai 1872 de l’abbé Boucher, curé doyen d’Aumenoncourt-le-Grand (Marne), cette paroisse possède une fontaine sous le vocable de saint Firmin que l’on invoque spécialement dans les Douleurs des membres et dans les Fièvres.
Saint Firmin est le patron de la Navarre, des diocèses dAmiens et de Pampelune, et patron secondaire de Notre-Dame d’Amiens, de Saint- Germain d’Amiens et du diocèse d’Arras.
Dans la Collection des Saints et Saintes de la famille de l’empereur Maximilien /or, dessinés par Hans Burgmaïer, saint Firmin est représenté mitré, vêtu d’une chape riche, tenant de la main gauche un livre, et de la droite un bâton terminé par un disque crucifère ; ses regards sont fixés vers la terre où gît la tête du Saint coupée et mitrée, à côté d’une épée et d’une couronne, souvenir de son illustre origine ; à une colonne, au fond, sont attachés les fouets et les verges dont il avait été frappé à Beauvais avant d’être jeté en prison.
(Abbé Gorblet. — Les Vies de tous les Saints de France. — Les Petits Bollandistes) .