QUATORZE OCTOBRE, SAINT BURCHARD
Téméraire, assiégeaient la ville : elle était sur le point d’ôtre prise et livrée au pillage ; voyant qu’ils n’avaient plus d’espoir, les habitants de Beauvais se tournèrent vers Dieu et invoquèrent la bienheureuse Angadrôme, qui les avait déjà délivrés de tant de périls. Sa châsse, portée par des jeunes filles, reparut de nouveau sur les remparts. Une ardeur guerrière s’empare des femmes elles-mêmes ; au fort du combat, on voit une jeune fille, Jeanne Lainé, assaillir un soldat prêt à planter l’étendard de Bourgogne sur le haut de la muraille et d’un coup de hache le renverser dans le fossé. Les Bourguignons, repoussés de toutes parts, s’enfuirent précipitamment, laissant plus de trois mille soldats tués, sous les murs de la ville, tandis que les assiégés n’eurent à déplorer que la perte de vingt-quatre hommes, ce qui confirma les habitants de Beauvais, dans la pensée que Dieu, par l’intercession de sainte Angadrême était venu à leur secours.
Après cette victoire, Jeanne Lainé, qui s’appellera désormais Jeanne Hachette, alla déposer à l’église des Jacobins le glorieux étendard qu’elle avait pris à l’ennemi. On comprendra facilement pourquoi sainte Angadrême était invoquée au milieu de la guerre et l’est encore aujourd’hui dans les calamités publiques, telles que la sécheresse.
Louis XI voulut qu’une procession solennelle rappelât, tous les ans, le souvenir de la délivrance de Beauvais. En mémoire du haut fait de Jeanne Hachette, il fut établi que les femmes auraient, en cette circonstance, le pas sur les hommes ; cette cérémonie a lieu encore de nos jours, le dimanche le plus rapproché du 27 juin. Tout le clergé de la ville, réuni au clergé de la cathédrale, se rend sur la place de l’Hôtelde-Ville, on porte à cette procession les reliques de sainte Angadrôme et un fac-similé du drapeau enlevé aux Bourguignons.
(Saints du diocèse de Beauvais , par l’abbé Sabatier.)
SAINT BURCHARD ou BURCKARD