‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 409 sur 724 · DIX-HUIT OCTOBHË, SAINT LUC · texte numérisé non relu

DIX-HUIT OCTOBHË, SAINT LUC

inilc, que cotte couvre appartenait bien réellement à un peintre grec, artiste habile, antérieur à l’époque de Constantin (i).

Forts également du sentiment exprimé par saint Grégoirc-le-Grand, saint Epiphane, saint Innocent II, saint Bonavcnlure, saint Thomas d’Aquin, Baronius, Bellarmin, Canisius et bien d’autres encore, nous n hésitons pas à croire avec eux, que les images vénérées sous le nom de madones de saint Luc, sont l’mttvre de son pinceau ou de très anciennes copies des peintures qu’il exécuta lui-même (2). Outre la vierge noire de Sainte-Marie-Majeure, on en voit plusieurs dans des sanctuaires différents : 1° Au Monte delta Guardia, près de Bologne ; 2° dans l’église do saint Dominique et de saint Sixte à Rome ; à l’Ara cœli, au capitolc à Rome ; 4° la plus belle à Sainte-Marie, in cosmedia, également à Rome.

S’abritant sous celte seconde profession de saint Luc . tous les artistes, «in différentes branches, se sont mis sous sa protection et d’abord Les Peintres et les Peintres-Verriers. Au centenaire d’O’Connel, célébré à Dublin le 7 août 1875, les peintres de l’association de saint Luc, établie en 1070, avaient une bannière portant d’un côté l’image de l’Evangéliste et de l’autre une panthère avec la devise : Amour, Respect, Obéissance. Les Vitriers sc sont misa la suite des P cintres- Verrier s ; puis sont venus naturellement les Sculpteurs, les Orfèvres, les Enlumineurs. L’art des Brodeurs et des Passementiers a voulu également s’abriter sous le patronage de saint Luc.

Saint Luc fut compagnon de saint Paul en scs travaux et en ses voyages. « IL n’y a que Luc avec moi, » écrit l’apôtre à son disciple Timothée. Aux Colossiens il dit aussi : « Mon bien- aimé Luc vous salue , » et enfin aux Corinthiens : « .Vous envoyons avec Tite notre frère (Luc) qui est recommandable par toutes les églises, à cause de son Evangile et de plus qui est député de tout le clergé pour être compagnon de noire pèlerinage. »

Saint Luc écrivit son évangile en grec vers l’année 53, pendant que saint Paul prêchait en Achaïe. Il écrivit aussi un autre livre intitulé : Les Actes des Apôtres, qui commence à l’Ascension et s’étend jusqu’à la captivité de saint Paul avec lequel Luc séjourna deux ans à Rome, pendant qu’il était prisonnier.

Les Notaires ont choisi saint Luc pour patron en souvenir de ces deux livres sortis de sa plume.

Après le martyre de saint Paul, il quitta Rome pour se diriger vers l’Orient où il évangélisa la Thébaïde et rendit son âme à Dieu en Bilhynie, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.

Saint Luc a pour attribut le bœuf, emblème^ du sacrifice, dans lequel Jésus-Christ fut à la fois prêtre et victime et parce qu’il a toujours envisagé en lui la dignité sacerdotale.

C’est pour cela qu’on le représente écrivant son évangile avec un bœu* à côté de lui. Ce bœuf, conformément à la leçon du prophète Ezéchiel (c. 50), doit être ailé. Il est également représenté exécutant le portrait de la très sainte Vierge avec co même bœuf à côté de lui. Les Relieurs 1 ont

(1) Le Pèlerin, n“ 151.

(2) id. id.

DIX-NEUF OCTOBRE, SAINT PIERRE d’aLCANTARA.

sans doute choisi pour patron, à cause du livre de son évangile qu’il tient à la main, ou peut-être encore à cause du cuir de bœuf ou de veau avec lequel ils confectionnent leurs reliures.

Saint Luc est ainsi caractérisé dans le Manuscrit 323 de la Bibliothèque nationale (IXe siècle) :

Te quoque prœeipuum sermonibus oplime Lucu Myslica volivi prœscripsit forma juvenci Sacra sacerdatis Iractantem mania oeri Melchisedech, typicamcujus tulil ante figurant.

ü Luc très vertueux, la forme mystique du Taureau sacré, te ligure aussi, toi qui traites principalement, dans tes discours, des saints devoirs du vrai prêtre Melchisédech dont il était, auparavant, la figure typique.

Sur lr Manuscrit 261 de la même Bibliothèque (Xe siècle) :

Jure sacerdotii Lucas tenet ore juvenci. I Luc est caractérisé par les mugissements du

I Taureau comme par l’exercice du sacerdoce.

Sur le Manuscrit n° 275, même Bibliothèque, (XIe siècle) :

Linguæ dumGrœcos prescendilvomere campos Tandis qu’il sillonne les plaines de la Grèce

In ipeciem vitdu lucasi pinxere volantis. avec le soc de sa parole, on l’a représenté sous

la figure d'un bœuf qui vole.

Sur le bénitier de la Cathédrale de Milan on lit :

Ore bov i Lucas divinum dogma remugit. I Lue proclame en mugissant à la manière du

1 bœuf, les dogmes divins.

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