ÉVÊQUE DE COLOGNE, PUIS DE BORDEAUX
Invoqué dans los Calamités publiques et surtout contre la Sécheresse.
Nous croyons avec les Petits Bollandistes, contrairement à l’avis des Bollandistes, que saint Sèvérin, évêque de Cologne, et saint Sèvérin, évêque, ne forment qu’un seul et même personnage (1). Scvérin reçut de bonne heure un enseignement bien dirigé, uni aux exemples de toutes les vertus. Un jour, il crut entendre, au milieu des champs, la voix d’un ange : « Sèvérin , Sêvèrin, tu seras évêque de Cologne. » — « Quand cela arrivera-t-il ? » répondit le Saint. — « Quand le bâton que tu tiens à la main aura fleuri » reprit la voix ; et aussitôt posé à terre, le bâton fleurit. Scvérin ne tarda pas à être élevé sur ce siège.
C’est dans cette ville qu’il connut, par révélation, la mort de saint Martin. Un dimanche après Matines, il entendit un chœur d’anges qui portaient son âme dans le ciel. Un courrier, envoyé à Tours, constata que l’heure où le saint évêque était mort était bien celle où Sêvèrin avait entendu le concert des anges.
Après avoir combattu énergiquement les semences de l’arianisme, que l’indigne évêque Euphratas avait jetées dans toute l’étendue de l’évêché de Cologne, il fut averti, par une seconde révélation, d’abandonner le siège de Cologne et de se rendre à Bordeaux. L’évêque de ce siège, Amand, averti également, vint au-devant de Sèvérin et en présence de tout le clergé et du peuple, l’intronisa sur son trône épiscopal. Immédiatement il éclata par ses miracles. Il ressuscita entr’autres le fils unique d’un père et d’une mère qui étaient venus l’implorer. Une autre fois, on lui amena un possédé que scs parents étaient obligés de tenir lié de tous ses membres. A sa voix le démon s’enfuit en vomissant toutes sortes d’injures contre le serviteur de Dieu.
Instruit par un ange de sa fin prochaine, il pria Amand de l’ensevelir hors les murs de la ville, dans l’oratoire du Sauveur et de la sainte Trinité.
Un an après, le jour anniversaire de sa mort, comme la ville de Cologne était assiégée par les Goths et qu’on implorait ardemment le Saint pour sa délivrance, grâce à son intercession, la panique s’empara de l’ennemi qui crut voir une armée s’avançant au secours de la ville.
A une autre époque, le Bordelais, à la suite de pluies prolongées, était littéralement inondé. Les habitants, après avoir célébré leurs vigiles solennelles près de son tombeau, virent tout à coup des vents favorables chasser les nuages et le lendemain un soleil brillant rendit la vie à toutes les campagnes.
Plus tard toute la province était désolée par le fléau opposé, la sécheresse. L’évêque invita son peuple à se réunir aux pieds du tombeau de saint Sêvèrin. On y passa la nuit en prières et pendant cette veille même la Pluie commença à tomber en abondance ; tant de bienfaits indiquèrent suffisamment qu’on pouvait avoir recours à lui dans les Calamités publiques.
[Les Petits Bollandistes) .
(i) Consulter à cet égard le grand ouvrage de M. l’abbé Cirot de la ville : Origines chrétiennes de Bordeaux, un vol. in-4°, Bordeaux, 1867, dont les Nouveaux Bollandistes, les sontradicteurs, ont promis de tenir compte dans leurs travaux subséquents.