VINGT-CINQ OCTOBRE, SAINT CIUÎP1N ET SAINT CRÈPINIEN
ger dans une chaudière de plomb fondu, dont une goutte s’échappant subitement, vint crever un œil de Rictiovare, tandis que les Saints en sortirent sans avoir éprouvé aucune douleur. De plus en plus exaspéré, Rictiovare ordonna qu’on les jetât la tète en bas dans une cuve pleine d’huile et de poix bouillantes ; mais quand il vit que les Saints en sortaient plus vermeils et plus robustes, excité par le feu de la rage que le malin esprit se plaisait encore à attiser, il se précipita lui-même dans la cuve et y trouva la mort, si l’on en croit une pieuse tradition.
Maximien ayant appris la mort terrible de son prévôt, condamna G'répin et Crèpinien à être décapités ; ce qui fut exécuté le 25 octobre 285 ou 286. Leurs corps furent abandonnés aux oiseaux de proie et aux bêtes féroces qui n’osèrent pas en approcher. Ils furent sauvés miraculeusement par un vieillard nommé Roger et sa sœur qui, avertis par une révélation, les ensevelirent dans leur propre maison. Après que Constantin eut rendu la paix à l’Eglise, la maison de Roger fut érigée en oratoire sous le nom de saint Crèpin-le-Petit. Plus tard, les reliques des saints martyrs furent transportées au château de Crise où on les enferma dans une crypte. Puis le château ayant été démoli, on bâtit, sur l’emplacement, une église qui prit le nom de Saint-Crèpin-le-Grancl.
La dévotion des fidèles envers saint Grèpin et saint Crèpinien les a fait prendre pour patrons de leur église par beaucoup de paroisses. Outre les trois églises de Soissons qui leur sont dédiées, un certain nombre de sanctuaires sont sous leur vocable dans le diocèse de Soissons et dans celui de Beauvais et de Meaux.
Les Cordonniers, les Savetiers , les Tanneurs et les Ouvriers en cuir devaient naturellement les prendre pour Patrons.
Une strophe d’un cantique catalan (Goigs) signale les deux premiers patronages d’un façon fort originale :
La gremi delt sabaters Vos invoquai per patrons Feu que siguin bons minyons Y un poch menos mentidsrs :
Danlos cop de tirapen Si nos' volen esmena.
i La corporation desCordonnierf vousiftvoque comme patron, faites qu’ils soient de bons enfants et un peu moins menteurs ; Donnez-leur un coup de tirepied, s’il» ne veulent pas s’amender.
L’archiconfrérie royale des Maîtres cordonniers de Paris avait été fondée par Charles Y en 1379. D’après Arthur Forgeais [Plombs historiés , 1862, 57) leurs statuts furent présentés aux Etats généraux sous Charles IX, approuvés et confirmés par lettres patentes données à Fontainebleau en l’année 1573 et confirmés de nouveau par les rois Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, sous le règne duquel ils reçurent des modifications importantes.
Au commencement du XVII0 siècle, Henri-Michel Buch, appelé communément le Bon Ilenri , faisait son apprentissage de cordonnier et avait pris pour modèle saint Crèpin et saint Crèpinien. Son apprentissage fini, il exerça le même métier en qualité de compagnon, vivant de pain et d’eau, afin de pouvoir consacrer, aux pauvres, la plus grande partie de ce qu’il gagnait, il consolait les affligés et partageait ses vêtements avec ceux qui étaient nus. Plusieurs années se passèrent de cette sorte à Luxembourg et à Messen. Enfin il vint à Paris et avec l’aide du baron de Renty, il fonda, en 1645, la communauté des Frères cordonniers. Buch en fut le premier supérieur. Par leurs statuts, ils faisaient revivre la