VINGT-CINQ OCTOBRE, SAINT CHRYSANTHE ET SAINTE DARIE
s’approcher d’elle, fut, à l’instant, renversé sous les griffes de la bête féroce qui, sur un signe de la jeune martyre, abandonna sa proie. Le séducteur, plus mort que vif, se convertit au vrai Dieu et il eut le même sort que Claude.
Après avoir essayé vainement de faire subir à Clirysanthe et à Darie de nouvelles tortures, les bourreaux creusèrent une grande fosse pour les y enterrer vivants. Ce fut là qu’ils rendirent leur âme à Dieu. Le pape saint Damase composa de beaux vers à la louange de ces saints martyrs.
Clirysanthe et Darie étaient invoqués pour éclairer les Juges et leur faire connaître la vérité. C’était de toute justice pour ces martyrs qui avaient tant souffert en défendant la vérité et qui, par leur constance héroïque, avaient tant contribué à la faire connaître aux autres. Dans le Recueil général des formules usitées dans l’empire des Francs du V° au Xe siècle , par M. de Rozière, on trouve (p. 882) un singulier mode usité pour arriver à faire connaître aux juges la vérité :
Pour former un jugement avec un Psautier. — On prenait un morceau de bois percé d’un trou vers son milieu ; on introduisait dans ce trou un autre morceau de bois en forme d’épingle qui était retenu par sa tête. Ce second morceau de bois était placé dans le Psautier à la page où se trouve ce verset :
J us tus es, Domine, et rectum judicium luum. I Vous ôtes juste, Seigneur, et droit est votre
I jugement.
On fermait le Psautier et on l’attachait solidement pour qu’il pût rester suspendu et tourner librement. Cela fait, deux personnes tenaient le premier morceau de bois chacune par un bout, ayant devant elles celui qui était accusé. Alors la première disait à l’autre trois fois: v Celui-ci est coupable », et l’autre répondait trois fois : « Il ne l’est pas. » Puis le prêtre disait :
Hcec nobis manifeslare dignetur, cujus judicio codes tia et terrestria reguntur.
Justus es, Domine et rectum judicium luum.
Averte mata inimicis mis cl in verilale tua disperde illos.
OnATIO.
Omnipolens sempiterne Deus, gui cuncta ex nihilo creasli et qui liominem de limo terrai formasli, le supplices deprecamur per inter, ccssionem sanctissimœ Dei genilricis Marice et per inlercessionem saneti Cmsanti et Dame cl per inlercessionem saneti Bhandani (1) confessons lui et omnium sanctorum tuorum, ut expenmentum facias n obis de hac re, de quâ inccrti sumus : ut si hic homo inculpabilis est, liber isle, quem manibus gestamus, rectum cursum solis teneat ; si vero culpabilis
Qu'il daigne nous manifester la vérité Celui par le jugement duquel tout est gouverné sur la terre et dans les cieux.
Vous êtes juste, Seigneur, et droit est votre jugement.
Tournez les maux du côté de mes ennemis et par votre fidélité dans les promesses, exterminez-Ics.
pmèhe.
Dieu tout-puissant et éternel, qui avez tout créé de rien et qui avez formé l’homme avec le limon de la terre,nous vous supplions humblement par l’intercession de Marie la très sainte mère de Dieu et par l’intercession des saints Clirysanthe et Darie et par l’intercession de saint Brandan, votre confesseur cl de tous vos saints, de nous éclairer sur cette affaire qui nous tient incertains ; de sorte que si cet homme n’est pas coupable, ce livre que nous tenons avec nos mains, suive droit la
(1) Probablement Brandan, abbé en Irlande, surnommé l’Ancien (485-572) £ "Îw^SktiÏ) Birre’ aUtr° abbé °n Irlande’ ntS vers la fin du V siècle e
a moins que ce et mort entre 501