SAINT MARCEL OU MARCEAU, ÉVÊQUE DE PARIS
Patron des Gainiers, Merciers et Drapiers. — Invoqué contre le
Carreau des Enfants.
ès son enfance, Marcel fut élevé à la fois dans l’étude des Belles-Lettres et dans la pratique des bonnes mœurs. Aussi l’évêque Prudence lui conféra les ordres mineurs et le nomma lecteur de son église ; puis il l’ordonna sous-diacre. Ce fut alors qu’il commença à être favorisé de la grâce des miracles. Un forgeron cruel et barbare, le voyant près de sa boutique, le contraignit avec menaces de saisir une barre de fer ardente et d’en évaluer le poids ; ce que Marcel fit immédiatement sans avoir éprouvé la plus minime brûlure, en déclarant que le poids de la barre était de neuf livres. Une autre fois, en la fête des Rois, l’eau qu’il avait puisée lui-même dans la Seine, se convertit en vin, quand il voulut la verser sur les mains de son évêque. Ce même Prudence, ayant fait fouetter injustement un enfant de chœur de sa cathédrale, devint muet à l’instant et ne recouvra la parole qu’après que son sous-diacre Marcel eut intercédé pour lui.
A la mort de Prudence, le clergé et le peuple de Paris élurent unanimement, pour leur évêque, Marcel, qui s’efforça vainement de décliner cet honneur.
De son temps mourut à Paris une femme qui, quoique noble, s’était, plongée dans toute espèce d excès. Dieu permit qu’un serpent hideux et d une prodigieuse grandeur, sortit tous les jours de sa caverne pour venir dévorer le corps de la pécheresse et infectât toute la ville d’une odeur pestilentielle. Tous les habitants étaient terrifiés. Marcel, marchant à sa rencontre, lui asséna trois coups de sa crosse sur la tête, puis le lia avec son étole et le traîna ainsi près d’une lieue et demie, sous les yeux de la foule, en lui intimant l’ordre de ne plus jamais reparaître sur ce territoire. Sur les anciens monuments et dans les vieux manuscrits on s’est plu a représenter cette délivrance miraculeuse opérée par saint Marcel (1). 1
(1) Et entr autre, sur le pilier du centro du dans les Heures il’ Anne de Bretagne.
grand portail de la basilique métropolitaine et
lU~ TROIS NOVEMBRE, SAINT HUBERT.
Après avoir accompli de nombreuses conversions et gouverné son église saintement pendant de longues années, Marcel rendit son âme à Dieu, emportant les regrets unanimes des habitants de la ville de Paris, qui constamment ont toujours mêlé son souvenir à celui de sainte Geneviève.
Le corps de saint Marcel avait été porté dans un bourg voisin de Paris, dans une chapelle dédiée à saint Clément. Sous Charlemagne, un comte de Blayes, neveu de ce roi, fit bâtir au milieu une collégiale qui prit le nom de Saint-Marcel, ainsi que tout le bourg qui, plus tard, est devenu un faubourg de Paris.
Aucune circonstance particulière de la vie de saint Marcel ne paraît justifier les patronages énumérés plus haut.
Il en est de même de l’invocation contre le Carreau des Enfants qui m est indiquée par M. 1 abbé Deladreue, du diocèse de Beauvais, comme étant encore en vigueur à Fleury (Oise).
(Ribadaneira. — Les Petits Bollandisles).