QUATRE NOVEMBRE, SAINT CLAIR
rier, il entra dans le sacerdoce et bientôt abandonna l’Angleterre pour venir en France. Il débarqua à Cherbourg, et là, poursuivant son chemin, à travers une épaisse forêt, il trouva étendu à terre et baigné dans son sang, le serviteur de deux ermites, que des voleurs avait attaqué en lui assénant un coup de hache sur la tête. Saint Clair , faisant le signe de croix sur lui, le guérit immédiatement ; mais, craignant que cette guérison miraculeuse, n’éveillât en lui quelque présomption de vaine gloire, il se déroba par la fuite et vint demander l’hospitalité dans le couvent de Mandun, où il resta deux années. Pendant ce laps de temps, les religieux de Mandun virent éclater dans toutes ses actions, les signes les plus évidents de sa sainteté et bientôt ils en eurent une confirmation la plus éclatante par la bouche des deux ermites qui, témoins de la guérison miraculeuse de leur serviteur, se mirent à le chercher par toute la forêt et finirent par le retrouver à Mandun.
Peu de temps après, enflammé du désir d’une plus grande perfection, il se bâtit une petite cellule dans le voisinage du couvent. Un dimanche, en étant sorti pour aller à l’église Saint-Paul, afin d’y offrir le saint sacrifice de la messe, il rencontra un jeune homme de bonne famille, beau de visage et de fort bonne mine, qui était possédé du diable. Ses parents l’avaient amené pour le recommander aux prières du Saint. Celui-ci se mit en oraison, et il avait à peine terminé, que le jeune homme fut entièrement délivré des obsessions de l’esprit malin.
Une autre fois, le Saint ressuscita le fils d’une pauvre femme. Aussi, dit André Duval le continuateur de Ribadaneira, « ce n’étaient parce tout qu’acclamations du peuple, que louanges et bénédictions de c< Dieu. »
L’éternel ennemi du genre humain ne pouvait voir briller (les vertus aussi éclatantes sans essayer de les ternir. Il lui suscita une de ses pénitentes, une dame noble et riche, qui mit tout en œuvre pour le séduire; fatigué de ses obsessions, qu’il repoussait avec énergie, saint Clair , pour échapper à la tentation, prit congé des religieux de Mandun et, après avoir erré quelque temps, il se bâtit un ermitage avec l’aide de son serviteur Cyrinus, dans une foret du Vexin, près de la rivièi'e d Epte, sur les confins de la haute Normandie. Là, étant jour et nuit en oraison, ne mangeant que des racines et redoublant ses austérités, il espérait rester caché à tous les yeux ; mais la haine de cette nouvelle femme de Putiphar, devait le poursuivre jusque dans cette retraite. Un joui deux hommes, se présentant devant sa cellule, lui demandèrent s il ne pouvait pas leur indiquer la demeure d’un nommé Clair. Dans le premier moment, le Saint leur répondit qu’il l’ignorait entièrement • puis, se repentant aussitôt, d’avoir ainsi déguisé la vérité, il courut après eux, et, les rappelant, il leur dit que Clair était devant eux. Ces abominables scélérats qui le cherchaient depuis longtemps, pour le tuer, se précipitant sur lui, lui coupèrent la tête le quatrième de novembre 89 r. Ce fut alors qu’il se produisit un véritable prodige • saint Clair, ramassant sa tête, la porta à la main, c’est ainsi qu’il est représenté à Saint Maclou de Rouen, jusque dans sa petite cellule, où elle tomba, avec le tronc, au pied de son serviteur Cyrinus, qui l’ensevelit le plus honorablement qu’il lui fut possible.
Trois ans après sa mort, un pauvre homme, aveugle de naissance faisant sa prière auprès du tombeau du Saint, vint à s’endormir ; il vit