SAINT FLORENT, ÉVÊQUE DE STRASBOURG
Vil» SIÈCLE. — VERS 693.
Invoqué contre la Pierre et les Hernies.
lorent, Ecossais de nation et d’une noble extraction, était passé en Allemagne accompagné de saint Arbogast, Théoda et Hidulphe. S’étant arrêtés en Alsace, ils évangélisèrent la contrée et peu de temps après Arbogast fut élevé au siège épiscopal de Strasbourg. Florent s’était retiré dans une vallée au pied d’une montagne sur la rivière de Hasel. Il y bâtit une petite cellule qui était entourée d’un jardin ravagé ordinairement par les bêtes sauvages. N’ayant àsa disposition aucune autre arme, Florent employa contre elles celle delà prière, leur intima l’ordre de se réunir autour de sa cellule et de ne plus lui causer désormais aucun dommage, ce qu’elles exécutèrent immédiatement. Depuis ce temps, elles se plaisaient à s’assembler autour du saint ermite. Le roi Dagobert, étant dans son palais à Kircheim, envoya ses gens à la chasse avec une grande meute de chiens qui, après avoir battu tout le pays, ne rencontrèrent aucun gibier quand, tout à coup, les chasseurs se trouvèrent en présence d’un grand nombre de bêtes de toute espèce groupées autour de la cellule de saint Florent qu’ils prirent pour un magicien et qu’ils maltraitèrent en le dépouillant de sa robe ; ils ne tardèrent pas à s’en repentir. En effet, leurs chevaux, arrivés dans un marais, s’arrêtèrent court et refusèrent d’aller plus loin. S’avisant que ce pourrait bien être une punition de Dieu, ils revinrent sur leurs pas et après avoir restitué la robe de l’ermite, ils purent continuer librement leur chemin.
Dagobert, averti de cette rencontre, pria le Saint de venir le trouver. A peine saint Florent eut-il mis le pied dans le palais royal, que la fille du roi, sourde et muette de naissance, recouvra l’ouïe et la parole en saluant le Saint par son nom qui était inconnu de tous. Etant venu pour entrer dans la chambre du roi, comme il ne savait à qui donner son manteau en garde, il l’accrocha à un rayon de soleil qui luisait dans l’antichambre. Le roi, témoin de tous ces miracles, par reconnaissance donna au Saint une grande étendue de terrain autour de sa cellule et Florent fonda à une demi-lieue le monastère de Haslac, où il rassembla ses disciples.
Quelque temps après, saint Arbogast étant mort, saint Florent fut ordonné évêque de Strasbourg, conformément à la volonté du roi. Il gouverna son peuple avec la plus grande sagesse, sans toutefois abandonner la direction du monastère de Haslac, qu’il remplit de vertueux et saints personnages ; il fut appelé par Dieu pour recevoir la récompense de ses mérites le 7 novembre vers l’année 693.
Il est invoqué à Strasbourg contre les Hernies et la Pierre. Les Petits Bollandistes mentionnent ces invocations, mais déclarent qu’ils n’ont pas réussi à se rendre compte de leur origine. Rien, en effet, dans les actes du Saint qui sont connus, ne saurait servir à les expliquer.
Papebrock, dans ses Acta sanctorum (vol. II, p. 319, in-32, Anvers), donne l’oraison suivante adressée à saint Florent :