SAINT MENAS OU MÈNE, SOLDAT, MARTYR
Invoqué contre la Gale et les Serpents.
, 11 était Ethiopien de naissance et servait dans un corps de troupes
romaines qui était en quartier d’hiver à Cotyée, ville de la Phrygie
Ayant ete arrête comme chrétien en vertu des édits de Dioclétien il con-
mssa Jésus-Christ avec un courage invincible. Après avoir été livré aux
E(,^?1US jf'oces’ 11 fut décapité et son corps fut reporté en
lofvpm un ,CV e est touJOurs en très grand honneur. Nous avons sous
conlrée nai M Mnnf6 * anSC’ en tei>1'c cuite’ clui a été apporté de cette conti ee pai M. Montant, ingénieur en chef. Sur les deux faces de ce
Cai‘Loudies Perlés en roncL on voit d’un côté le buste
inscription^! ""**> aïec lo W» Africain et de l’autre cette
EthoytK tou A710U Mev« (Eulogic de saint Mène).
des ' Sradu Saim^î •lemem “e rlluile de la Ian,fe allumée devant ucs îeuques du Saint ou bien encore de l’huile bénite dans un
sanctuaires célébré par des miracles et que les pèlerins emportaient
On trouve dans la Vie des Saincts de l'Auvergne et du Velay, par Jacques Branche, ce curieux passage sur saint Mènas : « Bien que saint Menas, Egyptien de nation, martyrisé soûls l’empire de Dioclétien, ne soit pas des saincts de cette province, il mérite qu’on en fasse icy quelque mention, d’autant qu’il ne reste pas d’y faire reluire sa gloire dans la paroisse de Godières, en la haute Auvergne, où il faict des merveilles en faveur des personnes galeuses. Et les serpents luy portent le même respect qu’à saint Amable de Riom, n’osant pas faire leur demeure dans ceste paroisse : Voire si l’on dit sa messe ailleurs, et qu’on y sème de la terre, ces animaux touchez de respect en son endroit, prennent incontinent la fuitte. C’est ainsi que Monsieur Amagat, Curé et Gibrat, prestre de Gczain, et proches voisins de Gordières, me l’ont attesté. »
SAINT VERAN (1), ÉVÊQUE DE CAVAILLON (VERANUS)
FIN DU VIe SIÈCLE
Invoqué contre la Sécheresse et la Peste.
D’après l'abbé André, Veranus, évêque de Cavaillon, a été le plus grand bienfaiteur, le plus actif moralisateur du peuple, la lumière des conciles, et le pacificateur des discordes royales. Il commença d’abord à s’exercer aux sévères pratiques de la vie érémitique dans le vallon de Vaucluse. Près de sa cellule, il bâtit un sanctuaire à la vierge Marie, que l’on voit encore aujourd’hui. Dans ces parages un monstre ravageait Vaucluse et ses environs. La caverne qu’il habitait s’appelle encore dans le pays le Trou du coulobré, c’est-à-dire du dragon (2).
Veranus l’enchaîna et le traîna jusqu’à la montagne de Luberon, distante d’environ trois lieues. Là il le contraignit de se retirer dans quelque désert inaccessible, loin des hommes.
Pour fuir les ovations populaires, il partit pour Rome vers 546, Aux environs d’Embrun, il fit plusieurs grands miracles. Arrivé à Albenga, ville de la Ligurie, il trouva les habitants décimés par un alfreux dragon qu’il contraignit à se jeter dans la mer. Lorsqu’il eut accompli son pèlerinage aux tombeaux des saints apôtres, il évangélisa Ravcnnc, Venise, Turin et toute la haute Italie. De retour en Gaule, la voix populaire le porta au siège épiscopal de Cavaillon. Il parut au concile de Mâcon, convoqué par Gontran, pour mettre un frein à la guerre civile ; il fut, en 586, ambassadeur du roi Gontran et 1 année suivante Childcbert II, roi d’Austrasie, le choisit pour être le parrain de son fils.
Il assista encore en 589 au concile d’Autun et enfin au concile d’Arles. Ce fut pendant les travaux de ce dernier qu’il rendit son âme à Dieu, à l’âge de soixante-douze ans. Son tombeau est un très beau sarcophage "allo-romain qui existe encore dans une crypte de 1 église paioissiale de Vaucluse, monument du XIe siècle. Cette crypte était la chapelle que saint Veranus avait élevée à la Vierge Marie. C’est la où les populations
rurales l’invoquent contre la Sécheresse.
Quelques années après sa mort, son corps fut transporte a Cavaillon et plus tard transféré en Nivernais dans la paroisse qui porte son nom.
(t) Vulgairement saint Verain ou Vrain.
(2) Bulletin du comité de la langue, de l'histoire et des arts de la France, 18o2-18o3.
vol. I",