‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 514 sur 724 · SAINT PRINCIPIN, SOLITAIRE A HÉRISSON, MARTYR · texte numérisé non relu

SAINT PRINCIPIN, SOLITAIRE A HÉRISSON, MARTYR

Invoqué pour la Vue.

rincipin était fils de sainte Maure qui, devenue veuve, abandonna les grandes richesses et les hauts honneurs, dont elle jouissait à la cour du roi des Goths, pour aller, avec ses douze enfants, recevoir le baptême à Tours, des mains de saint Martin. Le prince furieux de cette désertion, envoya des émissaires à leur poursuite avec ordre de les mettre à mort, sans aucune forme de procès, partout où ils les rencontreraient. Déjà ces farouches émissaires avaient découvert dans la Touraine, l’Orléanais et le Berry plusieurs de ces nouveaux chrétiens et les avaient impitoyablement martyrisés, lorsqu’ils arrivèrent en Bourbonnais, dans les environs de Hérisson. Là, sur les bords de l’Œil, dans una épaisse forêt, au milieu des broussailles, ils découvrirent Principin, vivant en ermite ; ils l’interrogèrent sur sa nation, sa famille, sa religion. Notre solitaire répondit sans détour qu’il appartenait à une noble famille des Goths, qu’il avait quitté son pays avec sa mère et ses frères pour se faire chrétien et qu'il s’était retiré au fond de ce désert, presque inabordable, afin d’y mieux pratiquer sa nouvelle religion pour laquelle il était prêt à tout sacrifier, même sa vie. A ces mots, l’un de ces barbares, outré de fureur, saisit sa hache et d’un seul coup lui abat la tête qui répond en tombant : Deo gratias.

La tradition locale, confirmée par des images et des écrits très anciens, rapporte que Principin, saisissant sa tête de la main droite, la porta environ mille pas, en traversant le fleuve de l’Œil, jusqu’à Ghateloi, où était une église bâtie sur un haut rocher, en face de sa retraite. A l’entrée se tenait habituellement un pauvre aveugle, nommé Macaire, vivant des aumônes que lui faisaient les fidèles. Macaire ne voyant rien et entendant heurter la porte, demande ce que c’est. Principin répond qu’on lui a coupé la tête pour le Christ et qu’il désire entrer dans sa maison. Macaire alors en ouvre la porte en tâtonnant ; puis touchant le cou de Principin, il sent que sa main est mouillée de sang, il s’en frotte les yeux qui s’ouvrent tout à coup ; il voit clairement le cadavre qui vient de tomber étendu à ses pieds. Transporté de joie, il se morfond en actions de grâces et le garde ainsi pieusement la nuit tout entière. Le matin il l’ensevelit à l’écart dans l’église même où dès lors Dieu se complut à multiplier les prodiges en l’honneur de son généreux martyr.

Dans le cours des siècles, ces précieuses reliques furent transportées

a Souvigny, aussi en Bourbonnais, où elles reposèrent longtemps sur le grand autel de l’église monacale, dans une châsse de bois historiée dit Branches, contenant en diverses figures la vie et le martyre de ce Saint. Son image taillée et peinte en ermite, tenant sa tète entre les mains se voit sur la porte de l’église ; comme aussi dans celle de Chateloi. sur 1 autel de saint Roch, où il avait porté sa tète. » Enfin le pape Clément VI a accordé des indulgences à ceux qui visiteraient ses reliques au jour de sa fête.

Afin de justifier l’invocation adressée à saint Principin pour la vue, il suffirait de rappeler la guérison de Macaire ; mais nous ne pouvons passer sous silence qu’au lieu même de son martyre, en face de Chateloi, sur la rive opposée de l’Œil, existe une fontaine sous son nom, dont les eaux de tout temps, de nos jours même, ont opéré des merveilles sans nombre dans les maladies des yeux.

[Bollanclistes. — D. Marcaicle. — Branches. — Nouveau ’pvopve de Moulins ).

Page 1