SEIZE JUILLET, SAINT HILIER
par ît pour la Terre Sainte et y resta trois années. A son retour, il apprit que 1 enfant qu il avait demandé à Dieu était né. Il se hâta d’aller trouver le père pour lui rappeler l’exécution de sa promesse ; mais il essuya un refus formel. Pendant ce temps-là, l’enfant croissait à merveille et était plus tort que tous ses contemporains, quand tout à coup, à l’âge de
sept ans, il tomba en langueur, fut atteint d’une maigreur extrême et devint paralytique.
Cédant aux instances de son fils, le père, désolé, l’envoya lui-même auprès de saint Cunibert pour implorer son secours en promettant d’exécuter la promesse qu il avait faite autrefois. Le malade fut porté dans son lit auprès du Saint qui, fléchissant le genoux, adressa à Dieu cette prière :
Omnipotent œterne Deus, talus œterna credentium, qui cœco nato oculos aperuisti, réintégra puerurn istum languescentem et restitue ilium per tuam misericordiam pristinœ sa ni. tati.
Dieu tout-puissant et éternel, salut éternel des croyants, qui avez ouvert les yeux de l’aveugle-né, rendez à son ancienne santé cet enfant languissant et guérissez-lepar votre miséricorde.
Il avait à peine achevé que l’enfant était guéri.
Cunibert le reçut comme catéchumène et l’appela Hilier (1). Sous la conduite du Saint, il devint un modèle de vertu et d’abstinence, et bientôt il fut favorisé de la grâce des miracles. Il guérit entre autres une femme atteinte de flux de sang. Pendant ce temps-là, le père d’Hilier, toujours païen endurci, dans le but de soustraire son fils à l’influence de Cuuibert, fit assassiner le saint homme par les gens de sa maison. Ce fut alors qu’Hilier, fuyant précipitamment, vint en Normandie, à Nanteuil, dans le Cotentin, et fut baptisé par saint Marcou, dont il devint le disciple le plus zélé. Plus tard, il passa dans l ile de Jersey et s’y établit sur un rocher aride, dans une solitude où saint Marcou vint le visiter. Il y avait à peine passé trois années que des pirates qui avaient investi l'île avec leurs navires lui coupèrent la tête. D’après les Petits Bollandistes, on construisit au lieu même où il fut martyrisé, un monastère qui portait son nom Saint-Hélien de Jersey (Saint-Iielerin Jersey i) et qui est aujourd’hui une ville, chef-lieu de l’île.
M. l’abbé Corblet (IV, 313) fait remarquer qu’il n’est pas étonnant que saint Helien ait eu un culte dans le diocèse d’Amiens, puisqu’il le traversa en se rendant de Tongres, son pays natal, à Nanteuil (diocèse de Coutances).
Il signale dans le Ponthieu, sur le bord de la Conche, une fontaine qui, d’après l’auteur de la Vie de saint Helien, avait des eaux qui donnaient la fièvre et que le Saint, à son passage, aurait assainie miraculeusement en y jetant en forme de croix du sel qu’il avait béni. Cette fontaine aurait pris dès lors le non de Fons sancti Helerii.
Enfin, il mentionne qu’il y avait jadis à Dreuil-lès-Airaines une chapelle dédiée à saint Helien où l’on portait les Enfants attaqués de langueur ; il dit qu’on les baignait dans des cuves disposées dans une maison voisine et que c’est le souvenir de cette chapelle qui est l’origine du lieu dit Saint-Hélie.
La guérison miraculeuse de saint Hilier opérée par saint Cunibert, racontée plus haut, est évidemment l’origine de l’invocation pour les Enfants en langueur.
(Les Bollandistes ).
(1) Alias Helier, Helien, Hehbert.