‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 535 sur 724 · DIX-HUIT NOVEMBRE, SAINT PATROCLE · texte numérisé non relu

DIX-HUIT NOVEMBRE, SAINT PATROCLE

Son père étant mort, sa mère voulut le marier ; mais il préféra la cléricature et se rendit à Bourges, auprès de l’évêque Arcade qui connaissant ses vertus et ses lumières, l’admit sans retard parmi ses clercs, puis l’ordonna diacre et enfin prêtre. Il s’adonnait tellement aux veilles, aux jeûnes, à l’étude et à l’oraison, qu’il oubliait parfois jusqu aux heures des repas. L’archidiacre alors l’en réprimandait, même vertement, mais il ne s’en troublait point. Toutefois, pressé du désir de vivre dans la solitude d’une manière plus austère, il quitta Bourges, se retira près f e Néris, en Bourbonnais, où il bâtit un oratoire à saint Martin et s’occupa de l’instruction des enfants.

Sa sainteté éclata bientôt dans les environs, on lui amena les înfiimes, les énergumènes, les possédés du démon, qu’il guérissait par un signe de croix. Privé ainsi de la solitude qu’il cherchait, il établit des religieuses près de son oratoire et abandonna Néris, n’emportant que les instruments nécessaires pour se construire une cellule au fond de quelque forêt. Il l’établit au milieu des bois à Lachamp, paroisse de Lacelle, où il passa dix huitans dans laprière, le travail, la mortification et la pratique de toutes les vertus. Aussi-, comme à Néris, finit-il par y être souvent visité par les pèlerins qui venaient près de lui chercher bonté, assistance ou du moins consolations. Les démons, de leur côté, ne se faisaient pas faute de le venir troubler dans sa solitude et de le pousser de toute manière à l’abandonner. C’est pourquoi il eut un jour une vision : monté sur une haute colonne que lui indiqua un ange, il vit toutes les hontes du monde, ses vols, ses adultères, ses homicides, etc. Il s’écria : « Je vous en prie, Seigneur, que je ne retourne jamais à ces perversités que j’ai oubliées depuis que je vous sers ! »

Ainsi, fortifié par Dieu, il persévéra dans sa vie d’abnégation et de pénitence. Cependant il fonda un monastère à Colombier, à une lieue et demie de sa cellule et y mit un abbé à la tête afin de rester libre dans son désert de Lachamp. Il y mourut à l’âge de quatre-vingts ans environ, le 18 novembre 577, dit une très vieille légende. Suivant le désir qu’il en avait manifesté à un de ses disciples, il fut enterré à Colombier dont il avait bâti l’église. Les gens de Néris voulurent bien l’enlever, mais les draperies qui le couvraient brillèrent à leurs yeux d’un tel éclat, qu’ils y reconnurent un signe de la volonté divine et se joignirent au cortège qui le conduisait à Colombier, où depuis s’est opéré un grand nombre de miracles par son intercession en faveur surtout des infirmes, des énergumènes et des possédés. Aussi les pèlerins du Bourbonnais, de la Marche, du Berry et de l’Auvergne affluent-ils encore, de nos jours même, à Colombier, où l’on conserve les restes du pieux solitaire dans une double châsse de plomb et de chêne, avec une petite partie dans un buste en bronze. Leur authenticité a été constatée à diverses époques, spécialement en 1076, 1697, 1733, 1793, 1801, dernièrement enfin en 1850, par Mgr de Dreux-Brézé, évêque de Moulins, qui les a scellées de son sceau et en a dressé procès-verbal signé de sa main et de plusieurs laïcs et ecclésiastiques.

Colombier conserve encore précieusement dans ses archives, et certes à très juste titre, une planche en cuivre fort ancienne, haute de trentetrois centimètres, large de vingt centimètres. Elle représente un abbé exorcisant une possédée. Le Saint met ses doigts dans la bouche de la malade et le démon s’en échappe sous la forme d’un monstre entouré de

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