‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 537 sur 724 · SAINT MANDÉ OU MANDEZ, ABBÉ EN BRETAGNE · texte numérisé non relu

SAINT MANDÉ OU MANDEZ, ABBÉ EN BRETAGNE

Invoqué pour les Enfants en chartre.

Son père était un roi d’Irlande. Mandé fut son dixième enfant et ses neufs lrères étant morts, les grands du royaume demandèrent qu’il se mariât ; mais, à sa prière, Dieu lui envoya un mal si affreux, qui répandait une odeur si nauséabonde, que personne n’osait l’approcher. Il en fut guéri dès qu’il ne fut plus question de son mariage. Ayant été élevé au sacerdoce, il évangélisa les sujets de son père avec le plus grand succès ; puis voulant se dérober à tous les yeux, il partit pour l’Armorique et vint débarquer dans un port voisin de Dol (Ille-et-Vilaine). A Tréguier, il se mit successivement en relation avec saint Eugduald et saint Ruellin.

Il se retira bientôt dans un lieu très solitaire qu’on appela de son nom Lanmodez, c’est-à-dire Territoire de Mandé (1) ; mais voulant fuir l’importunité et les applaudissements des populations qui accouraient vers lui pour obtenir la guérison de leurs maladies, il passa un bras de mer et vint s’établir dans une île qu’il purgea des reptiles qui l’infestaient. Cette île se nomme aujourd’hui Saint-Mandez. Le seigneur qui la lui avait donnée avait deux enfants dont l’un tua l’autre en jouant. S’étant mis en prière, Mandé obtint la résurrection de ce jeune homme et le rendit à son père.

Il avait bâti un oratoire près d’une grotte et l’on montre encore une grande pierre qu’on nomme Guele-san-Mandez (lit de saint Mandé). Outre ce lit, on montre aussi sa cellule bâtie en rond comme une tour, à deux étages, que l’on appelle Forn-Mandez.

Dans le IX0 et le Xe siècle, des religieux bretons portèrent à Paris des reliques de saint Mandé et y bâtirent près de Vincennes une chapelle qui, dans la suite, devint une abbaye bénédictine.

On conserve dans cette chapelle, devenue église succursale, depuis la Révolution, un bras de saint Mandé. On va encore le 14 mai à St-Mandé (Seine) pour obtenir la guérison des Enfants qui sont en chartre.

« Les peuples, dit dom Lobineau (2), attribuent aux mérites de saint « Mandé la vertu qu’ils disent qu’a la terre de l’île de Saint-Mandez, de « faire mourir tous les serpents et tous les insectes. On emploie encore « tous les jours cette terre, continue-t-il ; on la délaie avec quelque « liqueur et cette liqueur avalée par les Enfants, lue les vers. » Mais dom Lobineau, qui a horreur du surnaturel, ajoute que « comme on rapporte

(1) Côtes-du-Nord, arrondissement de Lannion, canton de Lczardieux.

(2) Vie des Saints de Bretagne, p. 8i, 1725, Rennes.

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