SAINT ALEXIS, CONFESSEUR
ÎV* ET V* SIÈCLE. — 464.
Patron, des Pèlerins, des Mendiants, des Ohaînetiers.
lexis, né à Rome, fils du sénateur Euphémien, reçut dès son enfance la plus tendre, une éducation essentiellement chrétienne ; comme il brûlait d’amour pour Jésus-Christ, il résolut de se consacrer exclusivement à son service. Le soir même de son mariage avec une noble romaine, il s’enfuit de la maison paternelle et, pèlerin infatigable, il se mit à visiter les sanctuaires les plus célèbres de la chrétienté. Il passa dixsept années à mendier sous le porche de Notre-Dame d’Edesse en Syrie. Le sacristain, par une révélation miraculeuse faite devant l’image môme de la Vierge, voulait donner à Alexis une marque de considération en le logeant dans l’église, mais le Saint se jugea indigne et prit de nouveau la fuite. Il s’embarqua à Laodicée pour aller à Tarse, il espérait y rester inconnu, mais une tempête furieuse emportait son vaisseau dans un port de Rome où il arriva par un secret dessein de la Providence. Il y rencontra son père suivi d’une nombreuse escorte ; Alexis se mit à lui crier : « Serviteur de Dieu, donne-moi un asile chez toi et permets que je me nourrisse des miettes qui tomberont de ta table. » Le père eut commisération pour celui qu’il prit pour un mendiant, l’altération des traits d’Alexis l’empêchait de reconnaître son fils ; il l'emmena chez lui et lui donna un misérable réduit sous un escalier sans que le Saint fit la moindre observation.
Alexis voyait chaque jour passer devant lui son père, sa mère et sa fiancée qui était restée avec ses parents. Les serviteurs de la maison se moquaient de lui jusqu’à lui jeter sur la tête l’eau de la vaisselle ; mais rien ne pouvait l’émouvoir, il souffrait tout avec patience, persévérant dans l’oraison et mortifiant son corps dans les jeûnes et dans les veilles. Il vécut ainsi dix-sept ans dans la maison de son père, priant pour sa famille sans en être reconnu ; enfin, ayant su que le terme de sa vie s’approchait, il demanda de l’encre et du papier et il écrivit tout le récit de sa vie. Huit jours après, dans un sanctuaire de Rome, à Saint-Pierre, où se trouvaient réunis le Pape Innocent Ier, l’empereur Honorius et Euphémien, une voix céleste se fit entendre, disant : « Cherchez l'homme « de Dieu afin qu’il prie pour Rome : vous le rencontrerez dans la mai- « son d’Euphémien. » Le Pape, l’Empereur, Euphémien et toute la foule se dirigèrent vers cette maison. On trouva Alexis étendu mort sur son lit tenant à la main un papier que le Pape seul put retirer de ses doigts et qu’il lut en présence de tout le peuple. On peut s’imaginer la douleur du père, de la mère et de la fiancée de saint Alexis en apprenant qu’ils avaient eu près d’eux, pendant dix-sept ans, l’objet de toutes leurs affections qu’ils regrettaient, et dont ils s’entretenaient sans cesse, et ils ne l’avaient ni reconnu, ni traité comme il devait l’être ! On le porta daùs l’église de Saint-Boniface où le Pape et l’Empereur assistèrent à ses funérailles et où on lui rendit les plus grands honneurs. Sur l’em-
DIX-SEPT JUILLET, 6AINT FREGAUD.
vocable de Saint-Alexis. J Y à geg parents, mendiant son pain et tavaTdXu du puits loisiu, ou boit encore de cette eau par dévotion.
^“DanTces^ernières^nnéMl^n ^découvert à Saint-Clément de Rome trois peintures du IX” siècle représentant trois scenes de sa egW' ^
SAINT FREGAUD OU FREDEGAUD (FREDEGAUDUS), CONFESSEUR
FIN DU VIIe KT COMMENCEMENT DU VIIIe SIÈCLE.
Invoqué contre la Peste.
Quelques auteurs lui ont attribué une origine irlandaise. D autres le font naître à Turne ou Deurne (2) , près d’Anvers. Ce bourg fut le théâtre des prédications et des miracles de Fregaud et fut choisi par saint Amand pour la fondation d’un monastère dont notre baint lut le premier supérieur.
Après la mort de Fregaud, son corps fut déposé dans 1 eglise de son abbaye et, quand les Normands l’eurent détruite, ses reliques fuient transportées à Moustiers, à deux lieues de Namur. Six cents ans apres cette translation, les habitants de Deurne choisirent Fregaud pour leui protecteur contre la Peste et toutes les maladies contagieuses . LesBollandistes citent un grand nombre de guérisons miraculeuses de ce fléau obtenues par l’intercession du Saint au commencement du XVI0 siècle et Papebrock, en 1512 (annales manuscrites d’Anvers), en a consigné le souvenir dans ces quatre vers latins :
Intercessor es contra pestilentiam üt clarè patuit apud Antverpiam Ubi anno post mille quingentos duodeno Te rogantes servasti à tali veneno.
Vous êtes l’intercesseur contre la Peste comme vous l’avez montré clairement à Anvers où, en l’année mil cinq cent douze, vous avez préservé de ce fléau ceux qui vous ont imploré.
[Bollandistes) .