DIX-HUIT DÉCEMBRE, SAINT PLAVIT
invoqué spécialement pour recouvrer promptement 'tes choses domestiques qui ont été perdues ou dérobées. La liturgie de sa fête dit : « La divine clémence a, entre autres grâces, honoré le bienheureux de ce privilège spécial que quiconque aura perdu quelque chose de la maison, et le recommandera en toute confiance de cœur au saint pontife, aura certainement la joie de le retrouver » (1).
(Le Père Giry.)
SAINT FLAYIT (2) (FLAVITUS), ANACHORÈTE
vu» siècle. — 563-630.
Invoqué contre la Sécheresse et contre la Fièvre.
Italien de naissance, Flavit. pour fuir l’invasion des Lombards, vint en France ; mais il fut fait prisonnier par des soldats qui l’emmenèrent dans les environs de Troyes et le vendirent pour la somme de trente deniers à Montan, seigneur de Marcilly-le-Iiayer. Il se montra si docile et si fidèle à l’égard de son seigneur, que celui-ci lui donna l’habit militaire et l’établit intendant et gardien de son château. La femme de Montan, captivée par ses attraits extérieurs, aurait désiré l’entraîner au mal ; mais il résista courageusement et la malheureuse exaspérée formula les accusations les plus graves près de son mari, qui dépouilla Flavit des insignes de ses fonctions et le condamna aux plus vils travaux, en le préposant à la garde des bestiaux.
Dans ses nouvelles fonctions, il mulLiplia les troupeaux de son maître d’une manière si prodigieuse que celui-ci reconnut l’innocence de son esclave et, pour le récompenser, lui fit épouser une jeune fille vertueuse du nom d’Apionie. Flavit lui parla, avec tant d’éloquence, des avantages de la virginité, qu’il lui persuada de garder la continence dans le mariage. Il fut de nouveau, à l’instigation de la femme de Montan, accusé de disposer du revenu des bois et du produit des troupeaux. L’irascible seigneur de Marcilly, n’écoutant que sa colère, étendit la main pour frapper son esclave du bâton qu’il portait ; mais, perdant l’équilibre, il tomba à la droite de sa monture et se blessa grièvement. Flavit, après l’avoir relevé, inspiré par le Saint-Esprit, frappa la terre de son bâton et, sur le champ, fit jaillir une source d'eau vive qui calma la soif ardente de Montan, excitée par la perte de son sang, et lui rendit la santé. Cette fontaine miraculeuse existe encore aujourd’hui dans les bois de Marcilly près de Chanteloup, sous le nom de Fontaine d’abondance. On vient encore en pèlerinage des pays voisins pour chercher de l’eau de la fontaine de Saint-Flavit. Cette eau a la propriété de guérir de la fièvre; de cette manière se trouvent justifiées les deux invocations qui lui sont adressées.
Montan, convaincu cette fois de l’injustice des accusations dirigées contre son esclave, lui remit l'acte de sa liberté signé de sa main et lui concéda un espace de terre suffisant pour bâtir une cellule sur les bords du ruisseau, dit l’abbé Defer, qu’il avait si merveilleusement fait sortir du sol.
Plus tard, l’archevêque de Sens, saint Leu, donna le voile à Apronie,
(1) Journal le Pèlerin, n* 97.
(i) Ou Flavy, ou Flaive.