DIX-NEUF JUILLET, SAINT VINCENT DE PAUL
saires pour sacrifier à ia déesse. Juste et Rufine ayant refusé de les leur livrer, par ce motif que leur religion leur défendait de contribuer au culte des Idoles, les païennes, transportées de fureur, se précipitèrent sur leurs marchandises et brisèrent un grand nombre de pièces; pour exercer leur vengeance, elles avaient posé leur idole à terre, Juste et Rufine s’en emparèrent, la rompirent contre terre et en jetèrent le3 morceaux dans la rue. Elles furent alors accusées d’être chrétiennes et de ne pas respecter les idoles. On les mit sur un chevalet pour être livrées à la torture, et elles furent déchirées par'des ongles de fer. Dans la prison où elles étaient renfermées, sainte Juste rendit son âme à Dieu. Son corps fut jeté dans un puits d’où le retira l’évêque saint Sabin. Quant à sainte Rufine, on lui brisa la tête à coups de massue et son corps fut brûlé ; mais ses ossements furent recueillis par le même saint évêque et réunis dans un même tombeau avec ceux de sainte Juste. Au musée espagnol, elles sont toutes deux représentées avec de petites cruches à la main.
D’après les Petits Bollandistes, sainte Rufine est encore invoquée par les Potiers, dans le diocèse de Montauban.
Clément de Bonzy, évêque de Béziers, dans sa visite de l’église collégiale de Saint-Aphrodise, le vingt-six juillet 1633, signale la chapelle de sainte Rufine « en laquelle est instituée la Confrérie des Potiers, lesquels font dire la messe une fois par mois » (1).
Dans leur office mozarabique très ancien, attribué à saint Isidore d’Espagne, on trouve cet hymne cité par les Bollandistes :
En JnsTA pariter. atque Rukina est Quæ durent merilis, moribus indytis :
Discreto si quidem nomine virgines, üno sed studii munere martyres, Thesaurum Domini, legibus indytœ, Vasis ftclilibus corporis unies Gestantes, pretio vascula distrahunt Quo quœstu salient viscera pauperum.
(Ribadaneira).
Voici Justine et aussi Rufine qui brillent par leurs mœurs et mérites éclatants, gardant chacune leur virginité ; mais martyres par l’ardeur commune de leur zèle, remarquables par leur genre de vie, et portant uniquement dans les vases d’argile de leurs corps, le trésor du Seigneur, elles vendent des vases pour pouvoir rassasier les entrailles des pauvres.