‹ Les saisonsChapitre 16 sur 73 · SUR DES TABLEAUX DE FLEURS · texte numérisé non relu

SUR DES TABLEAUX DE FLEURS

J'en jouis de ces fleurs si belles; J'admire ce pinceau divin, Et ces roses si naturelles , Que le papillon incertain Viendra voltiger autour délies , L'abeille y chercher son butin.

Les fleurs ne brillent qu'un matin ; Les vôtres seront immortelles.

Ah ! si j'avois votre talent , Je peindrois un objet charmant

Paré des grâces du jeune âge, Qui plaît dès le premier instant, Et, chaque instant, plaît davantage; Dans l'amitié tendre et constant, Sincère sans être imprudent , Naïf et fin , sensible et sage.

Aisément on devineroit Quel auroit été mon modèle ; Ch.... seule ignoreroit Que le portrait est d'après elle.

Quelques soupçons , un instant de colère , Méritoient-ils cet excès de rigueur?

Malgré mes torts , tu lisois dans mon cœur : En t'adorant pouvoit-il te déplaire?

Dans tes regards je vois ton changement; L'expression d'un tendre sentiment N'anime plus ces yeux si pleins de charmes. Si de Doris je feins d'être l'amant, Tu ne vois rien, ou tu vois sans alarmes; Si près de toi j'ai moins d'empressement, De ma froideur tu te plains froidement. C'en est donc fait, et je vais de mes larmes ,

Payer toujours la faute d'un moment!

Ton amitié , dans cet état funeste , Soutient mon cœur ; ce prix m'étoit bien dû. Je vais jouir de tout ce qui me reste , Et regretter tout ce que j'ai perdu.

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