SUR DES TABLEAUX DE FLEURS
J'en jouis de ces fleurs si belles; J'admire ce pinceau divin, Et ces roses si naturelles , Que le papillon incertain Viendra voltiger autour délies , L'abeille y chercher son butin.
Les fleurs ne brillent qu'un matin ; Les vôtres seront immortelles.
Ah ! si j'avois votre talent , Je peindrois un objet charmant
Paré des grâces du jeune âge, Qui plaît dès le premier instant, Et, chaque instant, plaît davantage; Dans l'amitié tendre et constant, Sincère sans être imprudent , Naïf et fin , sensible et sage.
Aisément on devineroit Quel auroit été mon modèle ; Ch.... seule ignoreroit Que le portrait est d'après elle.
Quelques soupçons , un instant de colère , Méritoient-ils cet excès de rigueur?
Malgré mes torts , tu lisois dans mon cœur : En t'adorant pouvoit-il te déplaire?
Dans tes regards je vois ton changement; L'expression d'un tendre sentiment N'anime plus ces yeux si pleins de charmes. Si de Doris je feins d'être l'amant, Tu ne vois rien, ou tu vois sans alarmes; Si près de toi j'ai moins d'empressement, De ma froideur tu te plains froidement. C'en est donc fait, et je vais de mes larmes ,
Payer toujours la faute d'un moment!
Ton amitié , dans cet état funeste , Soutient mon cœur ; ce prix m'étoit bien dû. Je vais jouir de tout ce qui me reste , Et regretter tout ce que j'ai perdu.
Wi wv wv-wv Wi -VWi^A. w\ wv wv *•%/*-<