‹ Les saisonsChapitre 30 sur 73 · LA RETRAITE · texte numérisé non relu

LA RETRAITE

Le ministre d'un roi fut disgracié, et se retira dans une vallée fertile qu'il fit cultiver avec soin : comme il n'avoit pas mérité sa disgrâce, il sen consola aisément, et il prit du goût pour le nouveau genre de vie qu il avoit embrassé. Le roi, qui estimoit ses talents , sentit la perte qu'il avoit faite , et l'alla trouver pour le prier de revenir à la cour; mais le ministre refusa le roi , et lui dit : Tu m'avois élevé aux premières dignités , j'ai soutenu avec fermeté l'agitation des grandeurs : tu m'as forcé à la retraite; je goûte le repos , laisse-m'en jouir. Se retirer du monde , c'est arracher les dents aux animaux dévorants ; c'est ôter au méchant l'usage de son poignard , à la calomnie ses poisons, et ses serpents à l'envie. Le roi insista, et dit: J'aurois besoin d'un esprit éclairé et d'un cœur droit et bon qui voulût supporter avec moi le fardeau de ma puissance; je ne puis trouver qu'en toi l'homme qui m'est nécessaire. Tu le trouveras , répondit le ministre , si tu le cherches parmi ceux qui ne te cherchent pas.

ORIENTALES. 39i

■%"%/* 'W».'VV*'%^VW»/%. VVWWWl. V'*^VX/W■%'V^.'X/*^^.■X/V^",

Page 1