ACTE m
Un petit pâtre que j’ai rencontré sur la route.
(Un silence,)
NICOLAS
Mais que veux-tu, enfin? — que demandes-tu?
SIMONNE
On m’a dit que Pierre allait se marier! — Est-ce vrai?
NICOLAS
Oui, — c’est vrai!
SIMONNE
Avec... Zénobie?
Avec Zénobie !
(Nouveau silence.) SIMONNE, se levant.
C’est bien. — Voilà tout ce que je voulais savoir, je m’en vais maintenant.
NICOLAS
Et où vas-tu?
SIMONNE, en sanglotant.
Est-ce que je sais?... J’irai demander à la mère de Suzette si elle veut me recevoir cette nuit, et demain je retournerai là-bas.
NICOLAS
Non! je ne veux point qu’on te voie dans le village!
SIMOMNE.
Pourquoi?... 11 n’y a plus rien à craindre pour votre fils maintenant.
NICOLAS
N’importe! — je ne le veux point !
SIMONNE
Et que voulez-vous que je devienne !
NICOLAS
Pourquoi diable es-tu venue, aussi?...
SIMONNE
Je ne pouvais pas croire à ce mariage là!
NICOLAS
Tu devais bien t’y attendre pourtant, puisque tu renonçais à Pierre.
SIMONNE
Je voulais bien renoncer à Pierre, mais je ne croyais pas qu’il pouvait en aimer une autre.
NICOLAS
Eh ! morgué ! reiids-lui la pareille, épouse Jacques, puisqu’on dit qu’il t’aime toujours.
SIMONNE
Ah! monsieur Nicolas !
NICOLAS
C’est bon... Reste là !
SIMONNE
Que voulez-vous faire?
Je vas mettre la grise à la carriole, et je te reconduirai moi-meme à Vaux-Saules... (En s’en allant.) Elle ne pouvait pas rester chez elle, je vous le demande!
(Il sort.)