AVANT-PROPOS
lY. 91. Ce même jour 22 octobre (i;ioi), j'ai été à dix heures du « matin, chez M, Despréaux, qui m'a dit que M. Le Verrier, son ami, « luy avoit écrit pour me prier à dîner chez lui. Il m'a remis la lettre de « M»" Le Verrier.
fF. 9^ r. En allant diner chez M. Le Verrier, nous avons parlé de (i Quinaut...
fF. 9^ V. Nous avons dîné chez M. Le Verrier qui est un homme d'es- « prit et de mérite, et par dessus cela, un Fort riche linancier. Il demeure « dans la vieille rue du Temple, mais il doit bientôt changer de log-e- (( ment. Il y avoit à ce diner M^" Despréaux, M^" le Marquis de Ségur, « gouverneur de Foix, etc., M*" d'Argouges, maître des requêtes, ancien « intendant de Bourgogne, M"^ De la Croix, homme d'afFaires ou finan- K cier, très riche, M^ Ghomel, son parent. M'' Le Verrier et moy. Par « dessus cela, nous devions avoir M. de Pilles, curieux en peinture, « et Fort habile peintre, avec M» Le Roux, organiste. Il a dîné chez « M*" Racine qui l'a retenu. Nous avons demeuré jusqu'à la nuit chez « M"^ Le Verrier et je suis revenu avec M. Despréaux dans son carrosse.
fF. 118 v. Du vendredi 2^ octobre iyo2. Cette après dînée j'ay été « chez M. Le Verrier. J'ay trouvé M'' Despréaux avec M"" l'abbé de Cha- « teauneuF, ci-devant envoie en Pologne pour l'élection du prince de « Conti. J'ay demeuré jusqu'au soir chez M^" Le Verrier, et M"" Des- (( préaux m'a mené chez luy, où j'ay resté jusqu'à neuf heures passées.
fi". 221. Du mercredi Séjour de Novembre 1702. J'ay été chez M'" Des- « préaux depuis onze heures jusqu'à midi. M' Le Verrier y est venu. »
Le Verrier s'est servi, pour libeller son commentaire, d'un exemplaire broché des Œuvres, 1701, in-4'', (ex meis) dans lequel des Feuillets blancs avaient été préalablement intercalés, mais les remarques dont il les a chargés et qui paraissent être le plus souvent le développement de notes inscrites au crayon, peut-être sous les yeux mêmes de Boileau, en Face les vers commentés, sont d'une telle prolixité qu'elles ont Fréquemment débordé sur les marges du livre. L'écriture de Le Verrier est grosse et lisible, celle, au contraire, du satirique, répond à son caractère : fine, serrée, anguleuse et sans aucun laisser-aller, elle ne se distingue pas des Fac-similé de la correspondance de Boileau et de Brossette (éd. Laverdet). Le Verrier n'hésite jamais à se corriger s'il s'aperçoit que sa mémoire l'a mal servi, Boileau, quand son ami a Fait Fausse route, elFace impitoyablement son texte avec des notes comme celles-ci : « Tout cela n'est point vrai » « Il faut retrancher toute cette remarque où tout est un peu pesamment dit et plein d'anachronismes » « Il Faut reFaire toutcela car on ne l'entend point», etc., etc. ; il n'apporte pas le moindre ménagement dans ses rectifications. Aussi une impression très nette se