‹ Les satires de Boileau, commentées par luimême et publiées avec des notesChapitre 56 sur 96 · V. 47- Quoi qu'un tas de Grimauds vante nostre éloquence · texte numérisé non relu

V. 47- Quoi qu'un tas de Grimauds vante nostre éloquence

C'est l'Académie de Ménage que l'on a icy en veuë. Car toutes sortes de gens y estoient bien receus sans choix ny distinction <3».

V. 55 . Mais deussiez-vous en l'air voir vos ailes fondues, Ne valoit-il pas mieux vous perdre dans les nues; Que d'aller sans raison, d'un stile peu chrestien, Faire insulte en rimant à qui ne vous dit rien,

( I ) Lo Verrier a (iris soin de |)réciscr la pensée de Boilcau au sujet de Racan qu'il n'a jamais voulu comparer à llonièro.

(a) Nous ne connaissons pas celle saliro contre Mlle de Scudérj*.

(3) Celte allusion féroce, si allusion il y a, à l'Académie de Ménage n'esl pas signalée par Brosseltc cl cependant il est difficile de croire que Le Verrier, dont la bonne foi est au-dessus do tout soupçon, Tait inventée de toutes pièces.

Satire IX. Hor. Liv. 2, Sat. i, v. 21.

Quanto rectius hoc, quam Iristi laedere versu Pantolabum scurram, Nomentamumque nepotem. Quum sibi quisque timet, quamquam est intactus, et odit!

Vous vous flattez peut-estre en vostre vanité : V. 62. D'aller comme un Horace à l'immortalité :

Quod si me lyricis vatihus inscris Sublimi feriam sidéra vertice (^'.

(Ode i'')

Et déjà vous croyez dans vos rimes obscures, V. 64. Aux Saumaizes futurs préparer des tortures.

En lisant cette Satire avec l'autheur, il me dit, ma prophétie n'est-elle pas vraie. C'est à vous à qui je parlois dès ce temps-là. Si je me suis donné la torture pour atraper ces remarques malgré la répugnance qu'il avoit à me les donner, j'espère que ceux qui les verront me sçauront quelque gré de la patience que j'ay eue pour les lui arracher ^-\

Mais combien d'Ecrivains, d'abord si bien receus, Sont de ce fol espoir honteusement déceus ? Combien, pour quelques mois, ont veu fleurir leur livre, V. 68 Dont les vers en paquet se vendent à la liv?'e ? et suiv. Vous p aurez voir un temps vos écrits estimez. Courir de main en main par la ville semez :

Imitation d'Horace dans l'épître à son livre, v. 11, ép. 20. Carus eris Romœ, donec te deserat œtas Gontrectatus ubi manibus sordescere Vulgi Coeperis : aut tineas pasces taciturnus inerteis : Aut fugies Uticam, aut unctus mitteris Ilerdam (3*.

Puis de là tout poudreux, ignorez sur la terre, V, 72. Suivre chez l'Epicier Neuf-Germain et la Serre :

La Serre a composé plusieurs livres, dont il se moquoit le premier comme il se moquoit de ceux qui les acheptoient. C'estoit un très grand

(i) Ce rapprochement avec Horace n'est pas signalé par les trois commentateurs de Boileau.

(a) Cette note est à retenir, elle montre l'entière bonne foi de Le Verrier, et Brossctte a dit, après lui, au sujet de ce même vers, qu'il lui a « inspiré la première pensée de faire un conunentaire sur les œuvres de M. Despréaux ».

(3) Cette imitation d'Horace n'est pas signalée par les trois commentateurs de Boileau.

(;<iHui:i;rnt.\s ai roiiiiAniKs dk DKsrnKAUx <)'

/A. (liseur (le ^alirn;ili;is inai^ c cslnil un l»oii Ijommo qiii sn roniioisMui, rt «jui se rciwloil juslicc à luv-inêine. In jour il cstoit cIk-z Hichesourrr ou (les ^ens qui valaient mieux que lui ne laissoicnt pas d'aller, et entendant (T fou qui déclamoit son galimatias avec la môme confiance et la môme liircur f(uc s'il s'cifitoit senti un vray I)<'mosthrne, St-r;ermain '•' se Icvii (\r dessus son siège, courru l'enibrasser, et luy dit, Monsieur, il lanl l'avouer, vous entendez encore mieux le galimatias que je ne fais '-'. Molière disoit que St-Germain '" (jui portoit une grande barbe dans le temps <jue tout le monde estoit rasé n'estoit recommandable que par I anlicjuilc de sa barbe et par la nouveauté de sa poésie.

Voilure a imilé cette poésie extravagante et y a jette de cet esprit de naïveté et ce tour fin qui ne l'abandonnoient jamais. Ce sont ces vers à la mode de Neuf-Germain qu'il adresse à M. D'Avaux, le plénipotentiaire, où enlr'autrcs cboscs il dit de luy :

Le délivreur d'Androméda

Vit moins de mers, de monts, de vaux.

Monté sur son aislé dada,

(Jue n'en courut ce grand D'Avaux.

La Fontaine a aussy imilé celte poésie dans une pièce qu'il a composée à la louange de Monseigneur sur la prise de IMiilisbourg, et que j'ay Irouvée parmy les papiers qu'il m'a laissez en mourant, car que n'imitoil-il point, et quel genre de po(;sic n'a-l-il point imité. Voicy un morceau de cette imitation :

Le Dieu du Hliin en a dit. Fi,

Je sens les corps ensevelis.

Et non le bois de Calarabourg

Le long des murs de Pbilisbourg.

Après avoir rapporté ces imitations, il est bien juste de faire voir icy un escbantillon de l'original, qui surpasse de beaucoup les excellentes copies que je viens de raporter. C'est une épigramme pour M. le Duc (le Hicbelièu :

Fendez en deux une souris

i^renez la moitié d'une niouebe,

Coupez millieu par le millieu,

Vous avez trouvé Richelieu.

(i) Le Verrier a éerit Sniiit-rieriuain pour Neiir-Tierinniii.

(u) La parlic de la note de Le ^■errier relative à La Serre a élé confimicc par BnwscUc, qui la idacée au vers i^fi de la satire III avee cette seule dilTéreuee : Brossette fail jouer à I^ Serre au sujet de léloiiuence de Hieliesouree le rùle que Le Verrier doune n NeuWicrniain vis-a-vis de La Serre. Si Le Verrier a raison — et cesl peu probable — le discours était ce jour-là prononce par La Serre et non par l\icliesource.

Satire IX. Le bel honneur pour vous, en voyant vos ouvrages

Occuper le loisir des Laquais et des Pages, Et souvent dans un coin renvoyez à l'écart, V. ^8. Servir de second tome aux airs du Savoy ai^d!

Le Savoiard cstoit un chantre du Font-Neui" fort renommé. Il avoil avec luy une espèce de Troupe. L'autheur ne haïssolt pas de l'aller entendre et en parle fort volontiers. Ce Savoiard a fait imprimer un livre de chansons. En voicy deux vers que j'ay entendu citer à l'autheur : L'emharquement est divin (^uand on s'embarque sur le vin '•'.

Il avoit imité autant qu'il avoit pu, par raport à son art ce fameux farceur appelle Gilles le niais. Geluy-cyjoûoit ses Farces dans un jeu de paulme qui estoit devant les fenestres de l'abbé de Marolles. Dans le temps que ce Farceur faisoit le plus de bruit, l'abbé faisoit imprimer sa détestable traduction de Térence, et sa folie alla jusqu'à y mettre que M. De la Force, qui estoit ce Gilles le niais, charmoit tout Paris, comme Térence avoit charmé l'ancienne Rome *-*.

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