V. \y\ . Lr Moïse cumnic/icc à ntoLsir /mr hs hunls
Le Moïse est sorti de la main de Saint-Amant. Ce malheureux poëme '^» exprimé par le dernier hémistiche d'un quatrain de Marolles, a yasté trois fort heaux vers et demy qu'il avoit laits par hazard, en parlant à la lîeine de i*ologne, Marie-Loiiise de Gonzagues : Telle et plus helle encor la divine Louise, Sur le trosne du Nort, hrillant de ses attraits, Etonna le Sarmate, et vain(|uit de ses traits Casimir et son Frère, et l'illustre Moïse.
Le lomlniHU contre vous ne peut-il les dé fendre ? Et qu'ont fait tant d'Auteurs, pour remuer leur cendre ? Que vous ont fait Perrin, Bardin, Pradon, Haynaut, v. ç)(S. Colletet, Pelletier, Titreville '-^'j Quinaut.
(i) Las Fnrgiics pour Les Farguos. Boileau, nous lo rojirrottoiis, n'a ni infirmé ni confirmù rojjinion que lui prête Le Verrier sur Balzac.
(2) Ce poème renferme de très beaux vers parmi une foule d'autres plus f|uc faibles. Boileau sest moqué parliculièrenienl d'un passage du Moïse sauvé, dans l'Art Poétique, vers 261 el suivants :
N'imitez pas ce l'on, qui décrivant les mers, Et peignant, au milieu de leurs Flots entr'ouveris, L'Hébreu sauvé du joug de ses injustes Maîtres, Met, pour le voir passer, les poissons aux fenêtres. Desforgcs-Maillard a fait bonne justice de celle criticpic dans sa lettre sur un vers de Saint- Amant, lue à l'assemblée publi(pie de l'Académie Royale des belles-lettres de 1.4» Kochclle, le 19 avril 1^52. (Voir Desforgcs-.Maillard : Œuvres nouvelles T. II, Nantes, 189a, éd. Arthur de La Horderie et René Kerviler.)
(3) Brossette a mis la note suivante sur Titreville au sujet du vers .^5 de la Satire VII : • Poète très obscur, dont il y a ([uelques vers dans les « recueils de poésies ». Nous croyons cctlo note inexacte ; les recueils de poésies du XVII* siècle (voir notre Bibliog. des rec. collectifs de poésies publiés de iSg^ à 1700, 4 ^"^'l. '"-4) "c renferment aucune pièce signée Titreville.
Il y en a une signée Tlnesseviile, probablement Ticrccville Ce Quentin de Mahaull, chevalier, seigneur de Ticrccville, lieutenant-colonel du régiment de Roncberolles, vint à Dieppe en 1678, en qualité de gouverneur et y mourut le 15 mars 169a. Il avait de l'esprit et de la facilité jwur la poésie. Ses vers couraient les salons, nous en avons publié quelques-uns (Bibliog. des rec. collectifs, T. II, p. 490; T. III, p. 554 el T. IV, p. 19a).
Il y a, à notre connaissance, deux Titreville : le premier a fait un poème latin : Chossiacurn (Cliessy, près Meaux) Ad. D. Ilcnricum de Fourcy par Carolus de Titreville. 16J7, in-4*. Ce n'est pas à lui qu'a songé Boileau.
Le second : Claude de Titreville, mort le 26 août 1678, à 70 ans, était conseiller du Roi el substitut du Procureur général ; marié it Madeleine Lambert, il eut une fille, Charlotte, baptisée le 18 nujrs 1657. 11 demeurait rue du Grand-Cbanlier, paroisse de Sainl-Jean-en-Grève (Rochebilièrc, cxt. des registres do l'étal civil, Ms. 3Caa, N. A. Fr., Bibl. Nat.). Etait-il poète?
94 COMMENTAIHE UE LE VERUIEll AVEC
Satire IX. J« ne puis m'cmpêcher de raporter icy sur le nom de Quinaut qui se
présente au bout de ce vers, une dispute que l'autheur eut avec luy sur ce que dans tous ses opéra, Quinaut mettoit souvent Phaëton pour Apollon. L'autheur fort instruit de ce qu'Homère, Apollodore, Hésiode, et les anciens mytologistes nous ont laissé sur la fable des anciens, soutenoit que cette liberté de donner à Apollon le nom de Phaëton n'avoit trouvé place que parmi les Modernes. (^)uinaut au contraire assuroit qu'il avoit leu une décision en sa faveur dans Noël Le Comte. Ils firent sur cela une gag-eure. L'autheur dans le cabinet duquel se passoit la dispute prit le livre, et y trouva une décision absolument contraire à l'opinion de Quinaut. Aussytost l'autheur ne manqua pas de dire vous voiez que Natalis (iOmes vous condamne: Oh! dit (Quinaut, je ne m'en suis pas raporlé à Natalis Gomes, mais à Noël Le Comte. L'autheur par honnesteté ne voulut rien dire. Le Faiseur d'opéra triompha de son silence. 11 en appella à son amy Simonnet, gros banquier qui se piquoit de sçavoir le latin pour son amy (^)uinaut et pour luy, surtout celuy d'Ovide. A quelque temps de là on engagea l'autheur de disner avec Simonnet qui ayant renouvelle la querelle, demanda à l'autheur s'il entendoit le latin. Celuy-cy luyaiant réparti qu'il l'entendoit comme un bon Banquier devoit sçavoir l'arithmétique. Et vous. Monsieur Simonnet, savez-vous le grec, le Ban(juier fut si étonné qu'il conseilla à son amy Quinaut de s'accommoder. Et jamais il n'y eut d'accommodement là-dessus, quoique d'ailleurs l'autheur et Quinaut fussent réconciliez lorsque (Juinaut mourut <".
Ce qu'ils font vous ennuie. O le jjlaisant détour! Ils ont bien ennuie le Roi, toute la Cour; Sans que le moindre êdit a\jt pour punir leur crime, V. io4. Retranche' les Auteurs, ou supprimé la rime.
Cette satire fut faite dans le temps que M'' Colbert retranchoit tout, et supprimoit tout. La famille de l'autheur s'en est ressentie, et la douleur n'en est pas encore passée *-'.
Escrive qui voudra : Chacun à ce métier
Peut perdre impunément de l'encre et du papier.
(i) Toute celle longue note de Le Verrier relative à la dispute de Boileau cl de Quinault sur Apollon et Pliaclon est en partie inédite. Dans les /jonversations de Brossettc avec Boileau (Ms. 1.5275 de la Bibl. Nat.), il est question incidemment de Natalis Cornes (conversation du dimanche a2 octobre 1702).
(2) Brossetle n'a vu dans ce vers aucune allusion. Le Verrier est formel, il parle de la douleur causée à la famille de Boileau par les retranchements sur les pensions décidés par Colbert, douleur qui n'était pas encore aifaiblie à trente années de distance.
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