Les satires francaises du XVIe [i.e. Seizième]
Clovis ou Loys Hesteau, sieur de Nuysement, né à Blois, fut secrétaire de la Chambre du Roi et de Monsieur, c'est-à-dire de Henri III et du Duc d'.\njou. Il dédia ses Œuvres Poétiques à ce dernier, comme Jean de Boyssières, qui mit Clovis Hesteau dans sa Légende, ou liste, des Ecrivains d'Amour, à côté de Ronsard. Baïf, JodeUe, Ponthus de Thyard, Des Portes, etc. Ces poèmes étaient le premier ouvrage de jeunesse de Clovis Hesteau. Par un avis au lecteur, on apprend qu'il avait été le disciple et l'ami de Dorât, qu'il avait étudié, outre les poètes latins et grecs, les italiens et les français. Douze pages d'éloges suivent cet avis; l'on y relève les noms de son professeur, de Louis de Balzac, Jean du Perron, Jean de Rivosson, Jean de Boyssières, etc.
« Si j'avois trouvé de quoi fixer la durée de la vie de Nuysement, dit l'abbé Goujet, je serois moins embarrassé à lui dormer ou à lui ôter des poèmes qui portent les mêmes noms et surnoms, mais qui sont tous d'un genre fort différent; et qui n'ont paru qu'après les premières années du dix-septième siècle. Ce qui augmente mes diflficvJtés, c'est que l'auteur de ces derniers poèmes étoit Receveur du Comté de Ligny en Barrois. Je conviens cependant qu'il n'est pas impossible que les poésies imprimées en 1578 et celles qui ont paru entre 1620 et 1625, ayent le même père. Nuysement étoit jeime lors des premières productions; il auroit pu avoir 70 ans quand les autres parurent : cela n'est point sans exemple. La qualité qu'il prend dans les derniers ouvrages n'y est pas non plus lui obstacle. Le Duc d'Anjou étant mort dès 1584, U étoit naturel que Nuysement cherchât quelque autre emploi... »
Par ce qu'il parait de ses poèmes scientifiques, comme la Vérité de la Physique minérale, ses sonnets de la Table d'Hermès, VAzoth des Philosophes, et les autres contenus dans les Muses ralliées; enfin, de son Basile Valentin, etc., Clovis Hesteau se serait occupé d'alchimie théorique, sinon de la recherche de la Pierre Philosophale.
Aux Gémissements de la France, s'ajoutent deux autres pièces sati-