II NOTICE SUR LOUIS PETIT
qui ont écrit de courtes notices sur Louis Petit ^ le font naître à Rouen, vers 1614; il n'y a pas de doute sur le lieu de la naissance : notre poète était d'ancienne origine rouennaise, et fut inhumé en la paroisse de Saint-Eloy, dans le tombeau de sa famille; quanta la date de cette naissance, elle pourra être reportée à l'année 161 3, si Ton admet, avec Goujet et Viollet-Le-Duc, que Petit mourut à Tâge de soixante-dix-huit ans. Louis Petit était fils d'un procureur à la Chambre des comptes de Rouen et petit-fils d'un gentilhomme au Bec-de-Corbin^. Il fut quelque temps receveur général des Domaines et bois du roi ; mais il quitta cet emploi pour se livrer aux lettres et suivre Pierre Corneille, son ami intime, à Paris. Il fut
1 . On a bien peu écrit sur Petit, et surtout bien légèrement; il n'y a vraiment pas grand'chose à prendre dans le Journal des Savants (21 janvier 1686), dans les Nouvelles de la République des Lettres (janvier 1686 et mai 1687), dans la Bibliothèque française ào. l'abbé Goujet (t. XVIII, p. 230 et suiv.), dans la Bibliothèque poétique àt\\o\\ti-Lt-l)\xc t\ dans son Histoire de la Satire, dans le Dictionnaire de Biographie et d'Histoire de Dezobry et Bachelet (article signé Charles Nisard), dans le Dictionnaire des Littératures^ de Vapereau, dans les Biographies rouennaises^ de M. Th. Lebreton (ce dernier ouvrage m'a été signalé par M. Eug. Noël, l'érudit conservateur de la bibliothèque publique de Rouen).
2. C/est ainsi que l'on désignait, — selon le Dictionnaire de Tréi'oux^ — une compagnie de cent gentilshommes de la maison du roi, qui portaient autrefois une arme appelée du même nom, qui ressemblait à une hallebarde.
NOTICE SUR LOUIS PETIT lll
très bien accueilli à PHôtel de Rambouillet, dont il devint l'un des hôtes assidus ; il obtint Testime et Tamitié des ducs de Montausier et de Saint- Aignan ' ; on peut douter que plusieurs pièces badines, imprimées sous son nom dans le Recueil de Sercy et dans le Recueil de quelques pièces nouvelles et galantes (1667), soient vraiment de lui, mais il y a les meilleures raisons de lui attribuer un madrigal, inséré dans le premier de ces recueils, sur la mort du fils unique de la marquise de Rambouillet, le jeune marquis de Pisani, tué à la bataille de Nordlingen (j août 164$); voici ce madrigal , dont les habitués de l'hôtel durent trouver la chute admirable :
Pourquoi versez-vous tant de larmes ?
-Pisani ne pouvait avoir un plus beau sorti Au lit d'honneur il a trouvé la mort,
Cherchant la gloire dans les armes.
Son corps est couvert de lauriers, Parmi tant d'illustres guerriers Dont le sang arrose la plaine ; Madame, recevez ce grand corps abattu,
I. D'après l'abbé Goujet, le duc de Saint- Aignan n'appelait jamais petit que son confrère en Apollon; Petit était aussi fort lié avec le père Commire, jésuite, célèbre poète latin. Dans une lettre inédite de M^^^ de Scudéry à Huet (citée par MM. Rathery et Boutron, Mademoiselle de Scudéry, Paris, Techener, 1873) se trouvent des vers de Petit à la louange de Montausier.