‹ Les satires. Réimprimées conformément à l'édition de 1701, dite éd. favorite. Introd. et notesChapitre 10 sur 28 · A M. DE MOLIERE · texte numérisé non relu

A M. DE MOLIERE

Rare et fameux Esprit, dont la fertile veine Ignore en écrivant le travail et la peine, Pour qui tient Apollon tous ses trésors ouverts, Et qui sçais à quel coin se marquent les bons vers, Dans les combats d'esprit sçavant Maistre d'escrime, Enseigne-moi, Molière, oii tu trouves la rime. On diroit, quand tu veux, qu'elle te vient chercher. Jamais au bout du vers on ne te voit broncher, Et, sans quun long détour Varreste ou t'embarrasse, A peine as-tu parlé quelle-même s'y place. Mais moy, qu'un vain caprice, une bigarre humeur, Pour mes peche^, Je croi,fit devenir Rimeur,

Dans ce rude métier^ où mon esprit se tiiè\ Envain pour la trouver je travaille et je sue. Souvent j'ay beau rêver du matin jusqu'au soir : Quand je veux dire blanc, la quinteuse dit noir. Si je veux d'un Galant dépeindre la figure ^ Ma plume pour rimer trouve l'Abbé de Pure ; Si je pense exprimer un Auteur sans défaut, La raison dit Virgile, et la rime Quinaut. Enfin quoique je fasse, ou que je veiîille faire, La bi^iarre toujours vient m'offrir le contraire. De rage quelquefois^ ne pouvant la trouver, Triste, las et confus, je cesse d'y rêver: Et, maudissant vingt fois le Démon qui m'inspire, Je fais mille sermens de ne jamais écrire : Mais quand j'ai bien maudit et Muses et Phebus, Je la voi qui paroist quand je n'y pense plus. Aussi-iost, malgré moy, tout mon feu se rallume : Je reprens sur le champ le papier et la plume, Et, de mes vains sermens perdant le souvenir, J'attens de vers en vers qu'elle daigne venir. Encor si pour rimer, dans sa verve indiscrette, Ma Muse au moins souffroit une froide epithete : Jeferois comme un auîre^ et sans chercher si loin, J'aurois toujours des mots pour les coudre au besoin. Si je loîlois Philis, En miracles féconde, Je trouverais bien-tost, A nulle autre seconde; Si je voulois vanter un objet Nompareil, Je mettrois à l'instant, Plus beau que le Soleil:

Enfifij parlant toujours <f*Astres et de Merveilles,

De Chef-d'œuvres des Cieux, de Beautez sans pareilles,

Avec tous ces beaux mots, souvent mis au han^ard,

Je pourois aisémenty sans génie et sans art.

Et transposant cent fois et le nom et le verbe ^

Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe,

Mais mon esprit, tremblant sur le choix de ses mots,

îs'en dira jamais un, s il ne tombe à propos^

Et ne sçauroit souffrir qu^une phrase insipide

Vienne à lajin d'un vers remplir la place vuide.

Ainsi, recommençant un ouvrage vingt fois,

Si j'écris quatre mots, j'en effacerai trois.

Maudit soit le premier dont la verve insensée Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée^ Et^ donnant à ses mots une étroite prison, Voulut avec la rime enchaîner la raison. Sans ce métier fatal au repos de ma vie, Mes jours pleins de loisir couleroient sans envie. Je naurois qu'à chanter, rire., boire d'autant, Et comme un gras Chanoine, à mon aise et content. Passer tranquillement ., sans souci, sans affaire, La nuit à bien dormir, et le jour à rien faire. Mon cœur, exempt de soins, libre de passion, Sçait donner une borne à son ambition, Et, fuyant des grandeurs la présence importune. Je ne vais point au Louvre adorer la Fortune, Et je serois heureux, si, pour me consumer, Un destin envieux ne m'avoitfait rimer.

Mais depuis le moment que cette frénésie, De ses noires vapeurs troubla ma fantaisie. Et qu'un Démon jaloux de mon contentement M'inspira le dessein d'écrire poliment , Tous les jours y malgré moy^ cloiîé sur un ouvrage, Retouchant un endroit, effaçant une page. Enfin passant ma vie en ce triste métier, J'envie en écrivant le sort de Pelletier.

Bienheureux Scuderi, dont la fertile plume Peut tous les mois sans peine enfanter un volume! Tes écrits, il est vrai, sans art et languissans, Semblent estre forme^ en dépit du bon sens; Mais ils trouvent pourtant, quoiqu'on en puisse dire, Un Marchand pour les vendre, et des Sots pour les lire. Et quand la rime enfin se trouve au bout des vers, Qu'importe que le reste y soit mis de travers ? Malheureux mille fois celui dont la manie Veut aux règles de l'art asservir son génie! Un Sot en écrivant fait tout avec plaisir : Il n'a point en ses vers l'embarras de choisir, Et, toujours amoureux de ce qu'il vient d'écrire. Ravi d'étonnement, en soi-même il s'admire. Mais im Esprit sublime en vain veut s'élever A ce degré parfait qu'il tâche de trouver ; Et, toujours mécontent de ce qu'il vient défaire, Il plaist à tout le monde, et ne sçauroit se plaire. Et Tel, dont en tous lieux chacun vante l'esprit, Voudroit pour son repos n'avoir jamais écrit.

Toi donc y qui vois les maux où ma Muse s* abîme , De gracej enseigne-moy Fart de trouver la rime; OUy puisqu enfin tes soins y seraient superflus, Molière^ enseigne-moy Vart de ne rimer plus.

A. Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère? D'où vous vient aujourd'huy cet air sombre et severe, Et ce visage enfin plus pasle qu'un Rentier A V aspect d'un arrest qui retranche un quartier? Qu'est devenu ce teint ^ dont la couleur fleurie Sembloit d'ortolans seuls et de bisques nourie. Où. la joye en son lustre attiroit les regards j Et le vin en rubis brilloit de toutes parts ? Qui vous a pu plonger dans cette humeur chagrine? A-t-onpar quelque Edit reformé la cuisine? Ou quelque longue pluye, inondant vos vallons, A-t-elle fait couler vos Vins et vos melons? Réponde^ donc enfin, ou bien je me retire.

P. Ah ! de grâce, un moment souffre:( que je respire. Je sors de chetf un Fat qui, pour m* empoisonner ,

42 SATIRF III.

Je pense j exprés che:{ luy via forcé de disner.

Je lavais bien prévu. Depuis prés d'une année,

J'éludois tous les jours sa poursuite obstinée.

Mais hier il m'aborde, et me serrant la main,

Ah ! Monsieur, m'a-t-il dit, je vous attens demain ;

N'y manque:^ pas au moins. J'ai quatorze bouteilles

D'un vin vieux... Boucingo n'en a point de pareilles,,

Et je gagerois bien que che:{ le Commandeur,,

Villandry priserait sa sève et sa verdeur.

Molière avec Tartuffe ^ y doit jouer son rôle;

Et Lambert % qui plus est., m'a donné sa parole.

C'est tout dire en un mot, et vous le connoisse:^.

Quoy! Lambert? Oui, Lambert. A demain. C'est asse^.

Ce matin donc, séduit par sa vaine promesse, J'y cours, midi sonnant, au sortir de la Messe. A peine estoisje entré, que, ravy de me voir., Mon Homme en m'embrassant m'est venu recevoir, Et montrant à mes yeux une allégresse entière. Nous n'avons, m'a-t-il dit, ni Lambert ni Molière : Mais puisque je vous voy,je me tiens trop content.

Vous êtes un brave homme : Entre:^. On vous attend. A ces mots., mais trop tard, reconnaissant ma faute, Je le suis en tremblant dans une chambre haute, ^

Oxi, malgré les volets, le Soleil irrité

1. Le Tartuffe en ce temps-là avoit esté desfendu, et tout le monde vouloit avoir Molière pour le luy entendre reciter.

2. Lambert, le fameux musicien, estoit un fort bon Homme, qui promettoit à tout le monde, mais qui ne venoit jamais.

SATIRE m.

Formait un poè'sle ardent au milieu de l'Esté. Le couvert estoit mis dans ce lieu de plaisance, Oitj'ay trouvé d'abord, pour toute connaissance y Deux nobles campagnards grands lecteurs de Romans, Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs complimens. fenrageois. Cependant on apporte un potage. Un coq y paroissoit en pompeux équipage ^ Qui, changeant sur ce plat et d'estat et de nom. Par tous les Convie^ s'est appelé chappon. Deux assiettes suivaient, dont Vune estoit ornée D'une langue en ragoust, de persil couronnée : L'autre d'un godiveau tout brûlé par dehors^ Dont un beure gluant inondoit tous les bords. On s assied; mais d'abord nostre Troupe serrée Tenoit à peine autour d'une table quarrée, Oii chacun, malgré soy, l'un sur l'autre porté, Faisoit un tour à gauche et mangeoit de costé. Jugdf en cet estât si je pouvois me plaire, Moi qui ne conte rien, ni le vin ni la chère , Si Von n'est plus au large assis en un festin Qu'aux sermons de Cassaigne ou de l'Abbé Cotin.

Nostre Hoste cependant s'adressant à la Troupe : Que vous semble, a-t-il dit, du goustde cette soupe? Sente:{-vous le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'œufs mesle^ dans du verjus? Mafoy, vive Mignot et tout ce qu'il appreste! Les cheveux cependant me dressaient à la teste; Car Mignot, c'est tout dire, et dans le monde entier

Jamais empoisonneur ne sçeut mieux son métier, f approuvais tout pourtant de la mine et du geste^ Pensant qu'au moins le vin dûst reparer le reste. Pour m'en éclaircir donc f en demande. Et d'abord, Un Laquais effronté m'apporte un rouge bord D'un Auvernat fumeux qui, mêlé de Lignage, Se vendoit che:( Crenet pour vin de VHermitage; Et qui, rouge et vermeil, mais fade et doucereux. N'avait rien qu'un goust plat et qu'un déboire affreux. A peine ay-je senti cette liqueur traîtresse , Que de ces vins mesle^ fay reconnu l'adresse; Toutefois avec l'eau que fy mets à foison, J'esperois adoucir la force du poison.

Mais qui Vaur oit pensé? pour comble de disgrâce. Par le chaud qu'il faisait nous n'avions point de glace. Point de glace, bon Dieu! dans le fort de l'Esté! Au mois de Juin! Pour moy, fêtais si transporté, Que, donnant de fureur tout le festin au Diable, Je me suisveu vingt fois prest à quitter la table; Et dust-an m'appeller et fantasque et bouru, J'allais sortir enfin, quand le rost a paru.

Sur un lièvre flanqué de six poulets étiques. S'élevaient trois lapins, animaux domestiques. Qui, dés leur tendre enfance éleve^ dans Paris, Sentaient encar le chou dont ils furent nouris. Autour de ces amas de viandes entassées. Régnait un long cordon d'alouetes pressées : Et sur les bords du plat, six pigeons étale^

SATIRK m. 45

Présentoient pour renfort leurs squeletes brûlej.

A costé de ce plat paroissoient deux salades,

L'une de pourpier jaune, et Vautre d'herbes fades,

Dont l'huile de fort loin saisissoit l'odorat,

Et nageoit dans des flots de vinaigre rosat.

Tous mes Sots^ à l'instant changeant de contenance,

Ont loîié du festin la superbe ordonnance :

Tandis que mon Faquin, qui se voy oit priser ,

Avec un ris moqueur les prioit d'excuser.

Sur tout certain Hâbleur à la gueule affamée,

Qui vint à ce festin conduit par lafumée.

Et qui s'est dist Prof es dans l'ordre des Costeaux ',

A fait en bien mangeant l'éloge des morceaux.

Je riois de le voir avec sa mine étique^

Son rabat jadis blanc et sa perruque antique.

En lapins de garenne ériger nos clapiers,

Et nos pigeons Cauchois en superbes ramiers;

Et pour flatter nostre Hoste^ observant son visage,

Composer sur sesyeux son geste et son langage.

Quand nostre Hoste charmé, m' avisant sur ce point :

Qu'ave^-vous donc, dit-il, que vous ne mange^ point?

Je vous trouve aujourd'hui l'âme toute inquiette,

Et les morceaux entiers restent sur vôtre assiette.

Aime^-vous la muscade? On en a mis par tout.

I. Ce nom fut donné à trois grands Seigneurs tenant table, qui estoient partagez sur l'estime qu'on devoit faire des vins des coteaux des environs de Reims. Ils avoient chacun leurs partisans.

46 s A T I R E III.

Ah! Monsieur, ces poulets sont d'un merveilleux goût! Ces pigeons sont dodus ; mange:^ sur ma parole. J'aime à voir aux lapins cette chair blanche et molle. Mafoy, tout est passable, il le faut confesser; Et Mignot aujourd'huy s'est voulu surpasser. Quand on parle de sausse, il faut qu'on y raffine. Pour moy, faime sur tout que le poivre y domine : S en suis fourni. Dieu sçait, etfay tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier. A tous ces beaux discours j'estois comme une pierre. Ou comme la Statiie est au festin de Pierre; Et sans dire un seul mot,favalois au hasard Quelque aile de poulet dont farrachois le lard.

Cependant mon Hâbleur, avec une voix haute, Porte à mes Campagnards la santé de nostre Hoste, Qui tous deux pleins de joye, enjettant un grand cri. Avec un rouge bord acceptent son deffi. Un si galant exploit réveillant tout le monde, On a porté par tout des verres à la ronde, Oh les doigts des Laquais dans la crasse trace^ Témoignoient par écrit qu'on les avoit rincof. Quand un des Convie:^, d'un ton mélancolique. Lamentant tristement une chanson bachique, Tous mes Sots à la fois, ravis de l'écouter, Détonnant de concert, se mettent à chanter. La Musique sans doute estoit rare et charmante : Vun traîne en longs fredons une voix glapissante, Et l'autre, V appuyant de son aigre fausset,

Semble un violon faux qui jure sous l'archet .

Sur ce point un jambon d'assej maigre apparence Arrive sous le nom de jambon de Mayence. Un valet le portoit, marchant à pas conte:^ Comme un Recteur suivi des quatre Faculté^. Deux Marmitons crasseux, revêtus de serviettes y Luy servoient de Massiers et portaient deux assiettes. L'une de champignons avec des ris de veau, Et l'autre de pois verds qui se noyaient dans l'eau. Un spectacle si beau surprenant rassemblée, Che^ tous les Convie^ la joye est redoublée : Et la troupe à V instant ^ cessant de fredonner. D'un ton gravement fou s'est mise à raisonner. Le vin au plus mîïet fournissant des paroles, Chacun a débité ses maximes frivoles.

Réglé les interests de chaque Potentat, Corrigé la Police et reformé V Estât ; Puis de là s' embarquant dans la nouvelle guerre^ A vaincu la Hollande ou battu l'Angleterre. Enfin, laissant en paix tous ces peuples divers, De propos en propos on a parlé de Vers. Là, tous mes Sots, enfle j d'une nouvelle audace, Ont jugé des Auteurs en maistres du Parnasse. Mais nostre Hoste sur tout, pour la justesse et l'art, Elevait jusqu'au Ciel Théophile et Ronsard. Quand un des Campagnards relevant sa moustache, Et son feutre à grands poils ombragé d'un pennache, Impose à tous silence, et d'un ton de Docteur :

48 SATFRE III.

Morbleu! dit-il, la Serre est un charmant Auteur!

Ses vers sont d'un beau stile et sa prose est coulante.

La Pucelle est encore une œuvre bien galante,

Et je ne sçay pourquoy je baaille en la lisant.

Le PàiSj sans mentir , est un boujjon plaisant,

Mais je ne trouve rien de beau dans ce Voiture.

Mafoy, le jugement sert bien dans la lecture.

A mon gré, le Corneille est joli quelquefois.

En vérité, pour moy, j'aime le beau François.

Je ne sçay pas pour quoy Von vante V Alexandre :

Ce nest qu'un glorieux qui ne dit rien de tendre :

Les Héros che:[ Quinaut parlent bien autrement.

Et jusqu'à je vous hais, tout s'y dit tendrement.

On dit qu'on l'a drapé dans certaine satire.

Qu'un jeune Homme... Ah! je sçai ce que vous voule^ dire.

A répondu nostre Hoste : Un Auteur sans défaut,

La Raison dit Virgile, et la Rime Quinaut.

Justement! A mon gré la pièce est asse^ plate ,

Et puis blâmer Quinaut... Ave:{'V0us vu VAstrate?

C'est là ce qu'on appelle un ouvrage achevé ;

Surtout l'Anneau Royal me semble bien trouvé.

Son sujet est conduit d'une belle manière.

Et chaque acte en sa pièce est une pièce entière :

Je ne puis plus souffrir ce que les autres font.

Il est vray que Quinaut est un Esprit profond, A repris certain Fat, qu'à sa mine discrète Et son maintien jaloux j'ay reconnu Poète : Mais il en est pourtant qui le pourroient valoir.

Mafoy^ ce n'est pas vous qui nous le fer e^ voir y A dit mon Campagnard avec une voix claire. Et déjà tout bouillant de vin et de colère. Peut-estre, a dit r Auteur paslissant de courroux^ Mais vouSy pour en parler y vous y connoissej-vous ? Mieux que vous mille fois y dit le Noble en furie. Vous? Mon Dieu, mêle:[-vous de boire^ je vous prie, A r Auteur sur le champ aigrement reparti. Je suis donc un Sot? Moi ? vous en ave^ menti, Reprend le Campagnard, et sans plus de langage, Luy jette pour déffi son assiette au visage. L'autre esquive le coup, et Vassiette volant S'en va frapper le mur et revient en roulant. A cet affront, l'Auteur, se levant de la table, Lance à mon Campagnard un regard effroyable : Et chacun vainement se ruant entre-deux, Nos braves s'acrochant se prennent aux cheveux. Aussi'tost, sous leurs pieds les tables renversées Font voir un long débris de bouteilles cassées ; Envain à lever tout les Valets sont fort prompts, Et les ruisseaux de vin coulent aux environs.

Enfin, pour arr ester cette lutte barbare, De nouveau Von s'efforce, on crie, on les sépare, Et leur première ardeur passant en un moment, On a parlé de paix et d'accommodement.

Mais tandis qu'à l'envi tout le monde y conspire, fay gagné doucement la porte sans rien dire, Avec un bon serment, que, si, pour l'avenir,

SATIRK ni

En pareille cohuë on me peut retenir^

Je consens de bon cœur^ pour punir ma folie y

Que tous les vins pour moy deviennent vins de Brie^

Qu'à Paris le gibier manque tous les hyvers,

Et qu'à peine au mois d'Aoust ion mange des pois vers.

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