LE DIRECTEUR
Non, je connais le sanscrit, le chinois, le thibétain et même le tmère ancien, mais la langue courante, la langue vulgaire, je ne la connais pas.
RÉGIAL
Ohl...
MADAME RÉGIAL
Mon Dieu !
BÉRiGNY, à Tostain.
Allons, je vous accompagnerai.
LAMBOURDE
Ah! brave ami I {On serre la, maink Dérigny.)
BATTiSTiNi, à Bérigmy.
Et moi, cré nom! Si vous parlez, que faire en attendant le réveil des sergents? Les hommes n'entendront rien à mes ordres, et j'ignore leur s^le baragouin. Je viens du Dahomey.
MADAME BÉRIGNY
Ne vous inquiétez pas ; ici, je vous servirai d'interprète.
FLORENT, revenant.
Personne de ce côté. La voie est libre. {Des coups de feu qui se rapprochent.)
MADAME LEBRAY
Des coups de feu !
MADAME PIÉTREQUIN
Ils tirent sur le Palais!
TRON, tendcLTit le poing vers le fond.
Mes petits agneaux, nous réglerons tous nos comptes demain.
LEBRAY, à Tostain.
Dépêchez-vous! Filez!
RÉGIAL
Oui! oui! Il n'est que temps! (Aux jeunes gens groupés autour de Dambrun.) Prenez les armes des sergents.
LE Capitaine tostain
Quels sont mes hommes?
BATTISTINI
La deuxième compagnie.
LE capitaine tostain, à Bérigny.
Appelez les miliciens de la deuxième compagnie.
BATTISTINI, à madame Bérigny.
Et vous, madame, dites à ceux qui vont rester de ne pas gaspiller leurs cartouches, qu'ils ne fassent feu qu'à coup sur.
BÉRiGNY, sur la. véra,nda. Il donne un ordre en traère.
RÉGiAL, aux dames.
Mesdames, ne restez pas dans ce salon... une halle égarée... Il y a du danger. Laissez-nous seuls.
piÉTREQuiN, poussant les dames vers la gauche.
Rentrez dans la salle de billard...
FLORENT
Vite! Vite!... Les voilà dans l'avenue!
LEBRAY, à Battistini.
Passez-nous les fusils des premiers miliciens qui seraient blessés...
TRON
Oui, des fusils !
MADAME BÉRIGNY, s'avaTiçant suv la véranda. Elle est éclairée par un candélabre placé derrière elle. Elle crie un commandement en tmère. Des railicieiis accourent.)
TRON, aux femmes.
Surtout n'ayez pas peur. Vous ririez de votre frayeur demain ! Quand Bérigny sera de retour avec nos pioupious !
MADAME BÉRiGNY cvie Uïi nouvôSLU commandevient. A ce momenty une nouvelle décharge éclate. Les femmes poussent un cri. Madame Bérigny fait deux ou trois pas en chancelant et vient tomherdans le salon.)
BÉRIGNY, se précipitant vers elle.
Marguerite!... [Tout le monde entoure madame Bérigny.)
TOUS
Qu'a-t-elle? Blessée? Morte ?
RÉGIAL
Silence! Silence! Le médecin!... Docteur!... {Tout ce qui suit doit être dit à mi-voix.)
BÉRIGNY, tenant madame Bérigny dans ses hras et la posant sur un canapé.
Ma femme!... Ma chérie... chérie... m'enlends-tu?
LAJiBouRDii, regardant Bérigny.
Ah ! mon Dieu ! Il ne peut plus partir !
DE DAMBRUN, à Tostain.
Et que faire sans lui?
LE CAPITAINE TOSTAIN
Ils vont nous cerner!
LE DOCTEUR MUREL
Dégrafez-la... C'est près du cou...
MADAME LEBRAY
De l'eau!... Faites-moi passer une carafe d'eau I
FLORENT, à Tron, qui tient un candélabre.
Cachez les lumières. C'est un point de mire... (Tron se baisse.)
Docteur! Docteur!