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phie se présente la première à leurs investigations ; elle otivre Jes horizons, elle indique la route à suivre, les écueils à éviter, et sème partout les germes de découvertes ; la science vient ensuite^ avec ses procédés d'observation et ses méthodes d'analyse; elle vérifie les prévisions de la ?aisQQ pure, ^Ue CQXtftrcae ou r^tifi^ aies inductions et imprime aux vérités leur forme précise et définitive ; enfin la foi intervient à son heure pour vivifier les travaux de l'esprit et pour répandra sur eux les splendeurs d^ln monde Wl^ériçw-. Avec çjle Iç, aav^t franchit l,es dç^rés diu tefl&ïJ^ et pé»àl(Çe im^ U s^ftcAuwe ; il ^'çxa- Bai^ae plus, niai» il écoute, il admire et çQB^Q«a^ pie avec enthousiasme les harmonie» Hiyskérieuses de la science humaine et de la science divine. Les vérités qu*il a découvertes ne sont ni altérées, ni amoindries, mais elles se transforment daas une lumière céleste, et, ainsi transfigurées, elles rayonnent à leur tour sur les vérités révélées et les font briller d*un plus vif éclat. Tel est le spectacle magnifique auquel nous ont fait assister les savants illustres du xvi® et du xvii* siècle -, tel est le secret de leur force et de leur gloire.
Sans doute il convient de ne rien exagérer ; on a vu, par la suite, des savants qui ont réalisé des découvertes utiles et chez lesquels l'esprit philo-
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aophique et religieux manquait à peu près complètemeoit ; maisL cambien il» sc^nt loin de leurs malti^â&Ii Qu'on jette un coup 4'œil, par exemple, wr le siècle s.uivant. Sous l'influence des doctri-* n^ matérialistes et sous la< pression d'une incrédulité radicale» lea grandes idées, dispaoraisaent, les croyances, s'évanouissent, les caractères et les mœurs se dépravent, et la science eUe-*' wAw^ re^oâti le funeste* eontre-coup de cette perturbation. Aussi que voyons -nous? Grâce à yimpulsion de l'âge précédent, le mouvement Si^ientifiqua se poursuit encore, mais on^ent qu'il décline et que la décadence est proche. Tout est rapetissé^ les hommes et les. choses. Que man-quait-il donc aux savants de cette époque? Etait-ce Vesprit mathématique, la faculté d'observa^ tioj). ? Â cet égard,. Gondorcet, Glairault, d'Alem** bert, Buffon et tant d'autres n'avaient rien à envier à. personne, et cependant leurs œuvres ne peuvent nullement dtre comparées à celles des Bescartes et des Leibnitz,, et leurs noms resteront toujpurs dans un rang secondaire» Ce qui leur manquait, c'était ce feu sacré et ce souffle de vie que pouvaient seules leur communiquer les sainea doctrines philosophiques et religieuses. Si ces hommes éminents n'avaient pas rompu aViec les fortes traditions des Kepler, des Descar*
tes, des Newton, des Leibnitz, de quoi n'eussentils pas été capables? Et ne peut-on pas supposer qu'ils eussent produit eux-mêmes des chefôd*œuvre dignes de rivalise1^ avec ceux de leurs illustres devanciers? Ils ont voulu séparer l'intelligence humaine de sa source divine, et ils ont été aussitôt punis de leur révolte par une chute profonde et irrémédiable.
Je me représente un Descartes et un Leibnitz reparaissant tout ^ coup au milieu des doctrines matérialistes du xviii® siècle ;.je les vois saisis d'un immense étonnement en présence d'un si grand mal; je les entends adresser aux philosophes égarés des reproches oîi lacompassion et la pitié auraient plus de place encore que l'indignation et la douleur : « Vous aimez la science, leur diraient-ils ; nous l'avons aimée comme vous ; vous scrutez avec persévérance les secrets de la nature et vous considérez cette étude comme l'un des objets les plus dignes d'occuper l'esprit humain et les plus capables de le perfectionner; nous partageons vos sentiments et nous avons laissé à cet égard de beaux exemples ^ Pourquoi sommes-nous donc séparés? A la science nous ajoutons la philosophie ; à la raison nous superposons la foi ; à travers les lois géométriques des figures et les combinaisons mathématiques des
quantités nous tâchons de découvrir leurs lois métaphysiques; au milieu de la pâture et de ses phénomènes multiples, nous cherchons à comprendre et nous nous plaisons à admirer Taction de la main sage et puissante qui a créé l'univers. Venez, joignez vos efforts aux nôtres ; élevez vos âmes, purifiez vos cœurs ; et au lieu de dissiper le glorieux héritage que nous vous avons transmis, appliquez-vous à l'enrichir de nouveaux trésors. » \
Instruit par l'expérience et éclairé par une meilleure philosophie, notre siècle a renoué les traditions du passé, et la science a repris aussitôt une marche ascendante. Sans doute ce retour est loin d'être complet; à côté de nobles exemples, on est obligé de reconnaître que les mauvaises doctrines ont encore parmi nous des racines profondes; mais il suffit de jeter un coup d'œil impartial sur le mouvement scientifique de notre époque pour reconnaître de quel côté se trouve l'avantage. Où sont les grandes pensées, les véritables progrès, les découvertes fécondes? Où résident les espérances de l'avenir, si ce n'est dans les travaux des hommes q^i se sont décidés à remonter le torrent de matérialisme et d'incrédulité du siècle précédent, pour revenir aux sources pures de la vérité? Ne suffit-il pas de citer
les noms des Cuvier, des Ampère, des Biot, des Câuchy, pour rappeler le souvenir des génies scientifiques dignes des plus beaux âges, et en même temps des hommes chez lesquels Fesprii de sage philosophie et de foi chrétienne a brillé du plus vif éclat ?
Nous terminerons avec Leibnitz cette série d'études sur les grands savants du xvi« et du XVII* siècle. En essayant de résumer cette brillante période, la plus magnifique qni se présente dans rhistoire de la science, on peut distinguer, trois phases successives. Dans la première, Teôprit humain, encore entravé par les traditions et les préjugés de l'antiquité, tâche péniblement de lutter avec le passé et de se frayer des routes nouvelles : c'est l'époque qui est caractérisée par les noms de Copernic et de Tycho^Brahé* Avec Kepler, Galilée et Pascal, le mouvement s'accentue, les incertitudes se dissipent, et l'on voit les lois générales se dégager peu à peu des ombres de Tempirisme. Enfin, avec Descartes, Newton et Leibnitz, le progrès atteint son complet développement ; des découvertes inattendues en astronomie et en mécanique achèvent de constituer la science de la nature ; des méthodes d'une merveilleuse fécondité enrichissent l'analyse et fournissent des moyens inespérés d'investiga-*
tion AUX savants qui seront longtemps las tributaires de ces grands maîtres.
S'il nous était permis d'employer une comparaison pour rendre plus complètement notre pen-> sée, nous dirions qu'il en est de la lumière de la science comme de la lumière du jour* Après les courtes obscurités d'une nuit d'été, les premières lueurs du matin apparaissent lentement^ tandis que des brumes épaisses pèsent sur les campa* gnes. Le soleil est encore au-dessous de l'horizon, mais on sent qu'il est proche; déjà son action s^'exerce sur la nature, et du sein de cette masse obscure et flottante surgissent mille bruits confus qui annoncent le retour de l'activité et de la vie. Cependant l'astre du jour paraît; sous son heureuse influence les vapeurs se dissipent ; les objets prennent leur forme, leur couleur et leur éclat, et, lorsqu'il aura atteint le milieu de sa course, le voyageur s'arrêtera pour contempler avec bonheur le magnifique spectacle qui s'étale sous ses regards. Toutefois, et malheureusement il ne faut pas l'oublier, l'influence de l'astre du jour n'est pas également bienfaisante ; si ses rayons ardents font mûrir les fruits et jaunir les moissons dans les champs bien cultivés, ils épuisent les terres du laboureur négligent, ils transforment en déserts inhabitables les
cimes orgueilleuses des rochers et les plaines arides dont les sources sont taries et oti personne n'a déposé de germes de vie. Tel est, en effet, le glorieux privilège de l'homme et en môme temps sa redoutable responsabilité : instrument intelligent et docile, il participe dans le monde à Tœuvre de Dieu ; serviteur inutile ou sujet révolté, il trouble le plan sublime du Créateur et peut corrompre même ses dons les plus parfaits.