LAMARCK
exemple, sur les algues et plusieurs genres de coraux, ce serait vainement qu'on chercherait ailleurs une instruction plus complète que dans son Histoire des animaux sans vertèbres.
Une branche à laquelle surtout il a donné une vive impulsion, est celle des coquilles fossiles. A peine la comparaison de ces coquilles à celles qui vivent aujourd'hui dans les différentes mers avait-elle été essayée sur un petit nombre. Lamarck procéda à cet examen avec la profonde connaissance qu'il avait acquise des coquilles vivantes et le poursuivit avec ardeur.
Lamarck vécut longtemps pauvre, aveugle et délaissé, non de moi, je Taimai et le vénérai toujours. Sa fille, nouvelle Antigone, vouée aux soins les plus généreux de la tendresse filiale, soutenait son courage et consolait sa misère par ces seuls mots : La postérité vous honorera^ vous vengera!
E. Geoffroy Saint-Hilaire. [Fragments biographiques.)
Sa vie retirée, suite des habitudes de sa jeunesse, sa persistance dans des idées peu d'accord avec les idées qui dominaient dans les Sciences, n'avaient pas dû lui concilier les faveurs des dépositaires des grâces; et lorsque les infirmités sans nombre, amenées par la vieillesse, eurent accru ses besoins, toute son existence se trouva à peu près réduite au modeste traitement de sa chaire. Les amis des Sciences, attirés par la haute réputation que lui avaient value ses ouvrages de botanique et de zoologie, voyaient ce délaissement avec surprise... leur estime redoublait à la vue du courage avec lequel ce savant illustre supportait les atteintes de
la fortune et celles de la nature ; ils admiraient surtout le dévouement qu'il avait su inspirer à ses deux filles .
CuviER .
Cuvier croyait à la fixité des espèces. Lamarck, comme Geoffroy, affirmait leur variabilité.
Cuvier croyait à Texistence des quatre plans d'après lesquels tous les animaux avaient été modelés ; Lamarck met en relief le perfectionnement graduel des formes animales et proclame qu'il existe entre elles une absolue continuité. Cuvier croyait à la disparition des formes fossiles par destruction ; Lamarck croit à leur transformation, il déclare que les formes actuelles ne sont que des modifications de celles qui ont vécu aux âges antérieurs de la terre.
Cuvier établit sa classification sur un principe métaphysique, le principe des causes finales, duquel il déduit le principe de la corrélation des formes et le principe de la subordination des caractères. Lamarck ne connaît d'autre classification naturelle que celle qui représenterait larbre généalogique du règne animal.
Et l'opposition entre les deux doctrines dépasse de beaucoup les limites de la spéculation zoologique. Amené par une singulière prudence à décrire les effets sans vouloir remonter au delà de leur cause la plus immédiate, Cuvier conclut du désordre apparent des masses rocheuses dans les pays de montagnes à d'effroyables et subits cataclysmes qui auraient jadis amené ces désonlres... Où Cuvier ne voit que caprices et soubresauts, Lamarck, au contraire, voit un lent et régulier enohatnemont de causes et d effets... C'est là la doctrine